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Bulletin Quotidien Europe N° 13611
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Confrontée à des tensions commerciales avec Washington, l'UE doit se tourner vers ses autres partenaires, selon plusieurs acteurs

À deux jours de l'imposition de nouveaux tarifs douaniers américains, mercredi 2 avril, la Commission européenne était toujours à l'œuvre pour négocier avec Washington, d'une part, et trouver la meilleure réponse, d'autre part, lundi 31 mars. Elle fait face à des pays membres et à des eurodéputés qui appellent à une réponse ferme, mais aussi à un ensemble de secteurs économiques européens qui craignent les tarifs des deux côtés et réclament l'apaisement.

Dans ce contexte, la fondation allemande Heinrich Böll a publié, lundi 31 mars, une analyse de trois scénarios dans les tensions commerciales entre l'UE et les États-Unis. Elle évalue tout d'abord les conséquences d'une escalade tarifaire, qui mènerait à des tarifs généralisés de 25% des deux côtés de l'Atlantique. La Slovaquie, l'Autriche et la Lituanie seraient les pays les plus négativement affectés en matière d'exportations. Dans un tel scénario, le PIB de l'UE connaîtrait une baisse de 0,25%, avec des pertes significatives pour les secteurs des produits pharmaceutiques (-9%), des équipements de transport (-7%) et des véhicules (-4%).

Dans un deuxième scénario, la fondation teste l'hypothèse d'un accord entre l'UE et les États-Unis qui épargnerait les produits industriels. L'effet sur le PIB dans l'UE serait légèrement positif. Les auteurs de l'analyse insistent également sur le fait que les accords entre les États-Unis et d'autres pays tiers n'empêchent pas Washington d'imposer des droits de douane, comme le montre la situation avec le Canada et le Mexique.

C'est pourquoi ils recommandent de se pencher sérieusement sur le troisième scénario, consistant, pour l'UE, à renforcer ses liens commerciaux avec ses partenaires existants. Travailler étroitement avec des pays comme le Canada, le Mexique ou le Japon pour lever les barrières commerciales restantes permettrait à l'UE d'augmenter son PIB de 0,28%, selon la Fondation Heinrich Böll. Cette approche contribuerait également à la stratégie de réduction des risques de l'UE.

C'est aussi ce qu'a préconisé le ministre espagnol de l'Économie, Carlos Cuerpo, en visite à Bruxelles lundi. En cette période de tensions commerciales avec Washington, il est d'autant plus important de ratifier l'accord de commerce avec le Mercosur, a-t-il insisté, après une rencontre avec le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič.

Craignant les effets négatifs des futurs tarifs américains et européens, le ministre a insisté sur la nécessité de maintenir une « communication constante avec l'administration américaine et de chercher une solution négociée qui bénéficie aux deux parties ». Ceci afin d'éviter des « mesures protectionnistes préjudiciables pour tout le monde », a-t-il déclaré devant quelques journalistes, dont Agence Europe.

Le ministre soutient toutefois la démarche actuelle de la Commission, qui se prépare à répondre aux mesures américaines.

Interrogé sur l'outil le plus adapté pour répondre aux tarifs américains, et notamment la possibilité de recourir de façon inédite à l'instrument 'anti-coercition' de l'UE, adopté fin 2023 (EUROPE 13263/10), M. Cuerpo a estimé que l'UE disposait « des instruments adéquats » pour répondre « de façon juste et proportionnée », l'instrument anti-coercition en faisant partie. « Je n'écarterais aucun instrument a priori », a-t-il indiqué.

Voir l'analyse de la Fondation Heinrich Böllhttps://aeur.eu/f/g6f (Léa Marchal et Mathieu Bion)

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