La Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a annoncé, vendredi 28 mars, que pour « remplacer l'aide américaine à l'Ukraine et maintenir le soutien total au même niveau », l'Europe devait doubler son soutien annuel « pour atteindre un niveau moyen de 0,21% du PIB ».
« En ce qui concerne l'aide militaire, remplacer les États-Unis, si nécessaire, serait plus difficile, mais serait possible dans de nombreux domaines », a ajouté Mme Kallas en recevant le Prix Henry Kissinger de l'Académie américaine de Berlin, reprenant à son compte un rapport de l’Institut de Kiel.
Selon le rapport de l'institut, l'industrie européenne dispose d'alternatives viables pour la quasi-totalité des principaux systèmes d'armes lourdes américains donnés à l'Ukraine. « Nous devrions être plus conscients de nos capacités et conscients de ce que nous pourrions faire, si nous le décidions », a ajouté Mme Kallas. Selon l'institut, il n’existe actuellement aucun substitut au renseignement militaire américain.
Les pays européens consacrent actuellement en moyenne seulement 0,1% de leur produit intérieur brut (PIB) par an à l'aide bilatérale à l'Ukraine. Il y a cependant de grandes disparités, le Danemark étant déjà à plus de 0,7% de son PIB. Selon l’institut, en chiffres absolus, cela signifie une augmentation de l'aide européenne de 44 milliards d'euros par an à 82 milliards d'euros, soit de 16 à 36 milliards d’euros pour les institutions européennes, de 6 à au moins 9 pour l’Allemagne, de 1,5 à 6 milliards pour la France ou encore de 0,8 à 4,5 milliards pour l’Italie.
Voir le rapport de l’Institut de Kiel : https://aeur.eu/f/g67 (Camille-Cerise Gessant)