Réunis à Amsterdam entre le 26 et le 27 mars, plusieurs ministres européens responsables du Numérique et des Télécommunications ont affiché leur volonté de « simplifier » et « déréglementer » le secteur, alors que la Commission s'engage dans un large processus de détricotage de plusieurs directives et règlements européens.
Dans la déclaration publiée à l'issue de la réunion 'D9+', qui rassemble les pays membres « les plus avancés en matière de numérique », notamment la Pologne, l'Estonie, les Pays-Bas ou la Finlande, les ministres affirment « soutenir la Commission dans son objectif de simplifier et de créer davantage de synergies entre les différents programmes de financement européens et nationaux ».
« Nous avons discuté de la nécessité d'un cadre numérique révisé qui soit adapté aux objectifs (européens), déréglementé lorsque c'est possible, qui évite les formalités administratives inutiles et qui n'entrave pas le développement et l'utilisation de la technologie par les entreprises européennes innovantes », détaille la déclaration.
Les pays signataires soulignent également la nécessité d'inclure plusieurs types de technologies dites stratégiques dans la stratégie numérique européenne - à savoir l'IA et la technologie quantique - et l'importance de « réduire les obstacles aux investissements privés (...) pour débloquer des capitaux suffisants pour soutenir le programme d'investissement numérique de l'UE ».
« Nous, les pays D9+, reconnaissons l'importance d'approfondir la coopération numérique entre les États membres et appelons à une approche stratégique européenne cohérente et tournée vers l'avenir en matière de technologie, avec une forte composante numérique visant à accroître la souveraineté technologique de l'UE d'une manière ouverte », affirment les treize pays signataires.
Également présente à la réunion, la vice-présidente de la Commission et commissaire chargée de la Souveraineté technologique, Henna Virkkunen, a eu un discours un peu différent sur la question de la déréglementation.
« Lorsqu'il s'agit de numérisation, la réglementation est toujours la meilleure approche », a-t-elle affirmé devant la presse, selon le média Euractiv, faisant référence au futur Digital Network Act (DNA), la refonte prévue des télécommunications européennes, mise en marche depuis un an par la Commission.
La commissaire s'est cependant montrée en faveur de règles « les plus simples possible » dans ce domaine afin d'encourager les investissements. Le futur DNA sera discuté par les pays membres lors du Conseil 'Télécommunications' du 6 juin prochain (EUROPE 13559/15).
Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/g5r (Isalia Stieffatre)