Des membres du Parlement européen, des représentants d'organisations agricoles au sein de l'UE et des experts ont préconisé des mesures pour renforcer la souveraineté alimentaire en Europe, lors d'une conférence organisée mercredi 26 mars à l'invitation d'Esther Herranz García (PPE, espagnole), d'Elsi Katainen (Renew Europe, finlandaise) et d'Éric Sargiacomo (S&D, français).
Maud Cloarec et Anne-Louise Sabatier (Biolait) ont insisté sur la nécessité de financer des 'programmes opérationnels' pour les organisations de producteurs de la filière lait biologique.
Thami Benzina (Oleostepa) a évoqué l'organisation de la filière oléicole en Espagne et demandé plus de soutiens pour encourager la consommation de ce produit sur les marchés internationaux.
Ludovic Roux, président des vignerons coopérateurs de France et vice-président du groupe 'vin' au sein du Copa-Cogeca, a précisé le fonctionnement des autorisations de plantation. La croissance du vignoble est limitée à 1% par pays et par an et les replantations sont possibles dans un délai de cinq ans maximum (deux ans pour faire la demande d'autorisation et trois ans pour replanter). Il a demandé à la Commission européenne, dans le cadre du 'paquet vin' qui sera présenté vendredi 28 mars (EUROPE 13595/6), d'assouplir les critères pour passer à minimum huit ans, voire plus. « Je sais qu'il y a des discussions autour de 13, voire 15 ans, mais en tout cas, nous avons besoin d'une plus grande flexibilité », a-t-il précisé. Pour les plantations nouvelles, la croissance peut être limitée par bassin de production ou par IG, sans pouvoir atteindre 0%. « Nous souhaiterions éventuellement atteindre zéro en cas de crises importantes ». M. Roux a aussi préconisé des mesures pour renforcer la structuration des filières et soutenir le revenu des producteurs.
Jorge Conesa (Fair Trade Advocacy Office) a donné des exemples sur les moyens de tirer parti des enseignements du commerce équitable pour améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs européens.
Stocks stratégiques. Corentin Biardeau-Noyers (The Shift Project) a évoqué les outils pour faire face aux dépendances et vulnérabilités, Kjartan Poulsen (EMB) a parlé de l'expérience du programme volontaire de réduction de la production laitière de 2016 et Franck Galtier (CIRAD) a défendu les stocks stratégiques de céréales et les politiques flexibles en matière de biocarburants. Le Finlandais Axel Hagelstam (NESA) a évoqué les stocks alimentaires stratégiques.
Un dernier débat a eu lieu au sujet du commerce et des 'clauses miroirs'. (Lionel Changeur)