La commissaire européenne à l’Aide humanitaire, Hadja Lahbib, a fait part, dans la soirée de mardi 25 mars, de ses préoccupations concernant les informations « alarmantes » en provenance de Gaza, « où le personnel de santé, les ambulances et les hôpitaux ont été une fois de plus attaqués par Israël ».
« Ces actes sapent les efforts essentiels et héroïques des travailleurs humanitaires qui s'efforcent de sauver des vies au cœur des hostilités », a-t-elle dénoncé dans un communiqué. Selon elle, il faut « garantir la protection de tous les civils, y compris des travailleurs humanitaires et de leurs locaux, à tout moment, ainsi que des infrastructures civiles, notamment les installations médicales, les écoles et les locaux des Nations Unies ».
La commissaire a prévenu que l’aide humanitaire devait se poursuivre pour aider les personnes dans le besoin et a appelé au respect de tous les civils et des travailleurs humanitaires. « Le droit international humanitaire doit être respecté par tous », a-t-elle ajouté.
Appel à la reprise de l'accès humanitaire. Mercredi, des représentants de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et de plusieurs organisations non gouvernementales ont dénoncé la situation à Gaza, appelant à la reprise de l’accès de l'aide humanitaire à l'enclave et au cessez-le-feu.
« Depuis le 2 mars 2025, rien n'entre à Gaza. Pas de nourriture, pas de fournitures, pas de médicaments. C’est la période la plus longue depuis le début de la guerre », le 7 octobre 2023, a souligné Juliette Touma, directrice des communications de l'UNRWA lors d’une conférence à Bruxelles.
« Cela fait 24 jours et il n’y a aucun signe positif que les choses pourraient aller mieux », a ajouté, lors d’une visioconférence, Clémence Lagouardat, responsable de la réponse à Gaza pour Oxfam International. « Cela menace la vie des civils », a prévenu Mme Touma, ajoutant que les ressources en nourriture s’épuisaient. Selon Gavin Kelleher, responsable de l'accès humanitaire au Norwegian Refugee Council, à partir de ce dimanche, les boulangeries n’auront plus de farine pour fournir du pain.
Mme Lagouardat a rappelé que les opérations pour pomper l’eau ou la dessaler nécessitaient du fuel et que pas un seul litre n’était entré dans la bande depuis le 2 mars. Selon elle, si la situation perdure, Oxfam ne pourra plus mener ses opérations d’ici « quelques semaines ». Elle a précisé que, depuis le 18 mars, la reprise des frappes et les ordres d’évacuations – 120 000 personnes au moins ont été de nouveau déplacées ou évacuées -, plus de 280 équipements publics en eau ne sont plus accessibles.
Avec le manque de médicaments et d’équipements médicaux, « les médecins doivent décider qui va vivre et qui va mourir », a ajouté Aseel Baidoun, responsable du plaidoyer et de la communication pour Medical Aid for Palestinians. « Les Palestiniens se sentent abandonnés par la communauté internationale et ils ont raison de penser cela », a conclu le chirurgien humanitaire américain Feroze Sidhwa, rappelant que la communauté internationale s’était soulevée lors de bombardements d’hôpitaux en Ukraine - où il a aussi été travailleur humanitaire -, mais pas à Gaza. (Camille-Cerise Gessant)