Tout comme la veille en Égypte, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a appelé, lundi 24 mars, à Jérusalem, à la reprise des négociations de paix au Proche-Orient. En représailles au refus du Hamas de libérer plus d’otages, Israël a repris la semaine dernière ses frappes sur la bande de Gaza.
« La reprise des négociations est la seule voie possible d’arrêter les souffrances de chaque côté », a-t-elle souligné aux côtés du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, ajoutant que la violence alimentait davantage la violence. Selon la Haute Représentante, la reprise des combats provoque une « incertitude insupportable » pour les otages israéliens et « l’horreur et la mort » pour les Palestiniens.
Ainsi, selon Mme Kallas, « il faut reprendre le cessez-le-feu, assurer la libération de tous les otages et reprendre le flux de l’aide humanitaire à Gaza, dans le but d’un cessez-le-feu permanent » (EUROPE 13603/3), a-t-elle souligné. Mme Kallas a rappelé que l’UE pouvait aider via sa mission EUBAM Rafah au point de passage de Rafah.
Tout en précisant qu’Israël avait le droit à l’autodéfense, Kaja Kallas a prévenu que les actions militaires devaient être proportionnées. « Le droit humanitaire doit être respecté, les vies des gens doivent être sauvées, l’aide humanitaire doit parvenir aux populations, elle ne peut pas être politisée », avait-elle souligné la veille au Caire.
De son côté, le ministre israélien a expliqué que son pays respectait le droit international. Citant l'article 70 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949, qui stipule que l'aide humanitaire doit être autorisée si la population civile n'est pas suffisamment approvisionnée, le ministre a expliqué que les 25 000 camions autorisés par l'État hébreu pendant le cessez-le-feu suffisaient à répondre aux besoins des Gazaouis. Il a ajouté que, selon l’article 23 de la Quatrième Convention de Genève, une partie n’est pas obligée d’autoriser l’entrée d’une aide si celle-ci est détournée au profit des efforts militaires ou économiques de l’ennemi. « Aucun pays n’est tenu de faciliter une guerre contre lui-même », a souligné M.Sa’ar, précisant qu’Israël ne devait pas être soumis à des normes différentes. Le ministre a précisé que son gouvernement n’avait pas encore décidé s’il imposerait un gouvernement militaire à Gaza.
Soutien au plan pour la reconstruction de Gaza. La Haute Représentante a rappelé le soutien de l’UE au plan de reconstruction de Gaza, tout en précisant que des questions devaient encore être clarifiées. « S'il est difficile de parler de reconstruction de Gaza sous les bombes (…), ce plan offre un cadre solide pour la reconstruction », a-t-elle souligné. Mais si l’UE est prête à apporter son aide et prépare un plan financier pour soutenir la reconstruction de Gaza, « il est clair que davantage de clarté est nécessaire sur des questions telles que le partage des coûts, les dispositifs de sécurité et la future gouvernance de Gaza », a estimé Kaja Kallas. Concernant la gouvernance, elle a rappelé que le Hamas ne devait plus jouer de rôle dans la future gouvernance de l’enclave à l’avenir.
Dans une déclaration commune de la Haute Représentante et du comité ministériel arabo-islamique publiée dimanche, les parties soulignent que le plan garantit le maintien des Palestiniens sur leur territoire, rejetant catégoriquement tout déplacement ou expulsion du peuple palestinien hors de son territoire, de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est.
La Haute Représentante a aussi estimé que les frappes israéliennes au Liban et en Syrie risquaient de provoquer une nouvelle escalade. « Nous pensons que ces choses sont inutiles, parce que la Syrie n'attaque pas Israël pour le moment et cela alimente une radicalisation encore plus grande, également contre Israël, que nous ne voulons pas voir », a-t-elle mis en garde.
Par ailleurs, une Conférence internationale de haut niveau des Nations Unies coprésidée par la France et l'Arabie saoudite se tiendra en juin à New York pour faire progresser dans la résolution politique du conflit sur la base de la solution à deux États avec Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, sur la base des résolutions pertinentes des Nations Unies.
Voir la déclaration commune : https://aeur.eu/f/g3b (Camille-Cerise Gessant)