Les eurodéputés de la commission de l'Environnement du Parlement européen ont reçu, jeudi 23 janvier, la ministre polonaise de l'Environnement, Paulina Hennig-Kloska, afin d'échanger sur les priorités de la Présidence polonaise du Conseil de l'UE en matière d'environnement et de climat.
Garantir l'accès à un sol, à de l'eau et à des produits alimentaires sains, de même qu'à un air pur, fera partie des priorités polonaises. La Présidence compte aussi chercher à développer des outils pour combattre la désinformation sur les politiques environnementales et climatiques de l’UE. Par ailleurs, la Pologne compte aller au bout des négociations sur les différents trilogues programmés, sur les allégations vertes, les détergents, la protection des eaux souterraines, les granulés plastiques et les déchets alimentaires (EUROPE 13555/3).
Mais les déclarations du Premier ministre polonais, Donald Tusk, en session plénière du Parlement européen (EUROPE 13563/1) n'ont pas aidé Mme Hennig-Kloska, qui a dû répondre aux inquiétudes des eurodéputés. La veille, M. Tusk avait en effet émis des réserves vis-à-vis du 'Pacte vert européen' et de ses conséquences sur des prix de l'énergie « trop élevés », déclarant : « Si l'Europe fait faillite, qui protégera l'environnement à notre place ? » La Pologne n'est, à ce titre, pas favorable à la révision du système de quota d'émissions ETS 2.
« Allez-vous plaider pour des objectifs ambitieux en matière d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique ? », a demandé Lena Schilling (Verts/ALE, autrichienne) à la ministre polonaise.
De son côté, s'il a salué l'intérêt de la Pologne pour une transition juste, qui ne laisserait pas de côté les ménages à faible revenu, Gerben-Jan Gerbrandy (Renew Europe, néerlandais) a appelé le pays à ne pas mélanger le programme de sa présidence du Conseil de l'UE avec sa « situation politique nationale complexe ». Afin de soulager les citoyens, Tiemo Wölken (S&D, allemand) a demandé si la Pologne comptait plaider « pour un fonds social pour le climat plus important ».
Renew Europe, le S&D, les Verts/ALE et La Gauche ont insisté sur l'importance des réductions des émissions de 90% d'ici 2040, alors que la ministre polonaise a prévenu qu'il n'y avait pas d'unanimité à ce sujet au Conseil de l'UE. « Vous engagez-vous à défendre cet objectif de 90% pour 2040 ? », a insisté Lena Schilling.
Des doutes sur les conséquences de la simplification administrative ont également été émis par Tiemö Wolken et Gerben-Jan Gerbrandy, là où le PPE et la droite conservatrice et extrême n'ont vu que de bonnes nouvelles. (Florent Servia)