Les groupes S&D et La Gauche au Parlement européen ont exprimé, mardi 14 janvier, leurs inquiétudes quant aux conclusions de l’Avocat général de la Cour de justice de l'UE sur la directive sur les salaires minimums adéquats, qu’il a proposé d’annuler (EUROPE 13557/22).
La présidente espagnole du S&D, Iratxe García Pérez, a estimé, sur X, que « l’UE doit être en mesure de protéger les travailleurs contre une course au rabais ».
« À l'heure où les citoyennes et citoyens réclament - à juste titre ! - plus d'Europe sociale dans un contexte politique et économique où la libre concurrence fait des ravages, je veux croire que la Cour de Justice ne rendra pas la position contraignante et ne suivra donc pas cet avis contre la directive sur les 'salaires minimums adéquats', qui représenterait un recul extrêmement grave en matière de protection des travailleurs et qui lancerait un signal désastreux vers encore plus de dérégulation et de dumping social », a également réagi l'élue belge Estelle Ceulemans.
La Gauche estime que cet avis « constitue une étape dangereuse vers le démantèlement de protections essentielles pour les travailleurs à travers l'Europe. Il s'aligne sur l'agenda de compétitivité de la Commission européenne, qui se préoccupe davantage du profit que des personnes ».
C'est « une terrible nouvelle pour tous ceux qui luttent pour les droits sociaux et les droits des travailleurs en Europe, car cet avis sera certainement utilisé par les gouvernements nationaux et les forces de droite en Europe pour abandonner complètement l'agenda social », a également commenté la Finlandaise Li Andersson, présidente de la commission 'Emploi' au PE. (Solenn Paulic)