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Bulletin Quotidien Europe N° 13558
Sommaire Publication complète Par article 15 / 32
SOCIAL / Social/emploi

Les syndicats européens attendent de vrais progrès sur les emplois de qualité, les salaires équitables et la possibilité concrète de se former

La Secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Esther Lynch, a exposé devant la presse, mercredi 15 janvier, ses attentes quant au programme de travail de la nouvelle Commission et a demandé des initiatives ambitieuses s’agissant de la 'boussole de compétitivité' (prévue le 29 janvier), de la 'Feuille de route sur les emplois de qualité' ou de l’'Union pour les compétences', que la Commission doit présenter le 5 mars, selon son dernier calendrier public.

« Pour nous, cette année est donc placée sous le signe de l'emploi et, plus important encore, de l'emploi de qualité. (...) Nous demandons que les emplois de qualité soient l'un des points cardinaux de la 'boussole de compétitivité'. Car sans emplois de qualité, l'Europe ne sera pas compétitive », a  affirmé d’emblée la responsable de la CES.

Elle définit ces emplois de qualité par « la négociation collective, le salaire équitable, la sécurité de l'emploi, la possibilité d'avancer, le fait d'être promu au mérite plutôt que par favoritisme, la santé et la sécurité au travail, l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée et d'autres objectifs d'égalité. Et aussi la progression et la possibilité de réussir ».

La Sécrétaire générale espère que la ‘boussole de compétitivité’ intégrera de forts engagements pour les emplois de qualité. Elle souhaite aussi que l''Union des compétences' permette concrètement de dégager des fonds et du temps (payé) pour les travailleurs afin qu'ils puissent se former, sous peine d'être une coquille vide.

Mais elle a aussi déploré que « le grand absent de ces cinq dernières années » ait été justement l'investissement dans l'innovation et l'investissement dans le personnel pour préparer les diverses transitions du monde du travail. « Nous savons que les investissements sont en baisse, mais que les dividendes sont en hausse. Il est donc très clair que les entreprises ont fait des choix », a-t-elle commenté.

Elle s’est encore inquiétée du discours qui se diffuse au sein des entreprises européennes consistant à considérer que les normes sont un obstacle à la compétitivité.

« C'est particulièrement inquiétant, notamment en ce qui concerne le rôle que (Elon) Musk jouera, étant donné son opposition déclarée au modèle européen (...) », a-t-elle ajouté.

Salaires minimums. Interrogée par ailleurs sur l’avis de l’Avocat général de la Cour de justice de l’UE remis le 14 janvier sur la directive relative aux salaires minimums adéquats (EUROPE 13557/22), Esther Lynch a déploré le message implicite de ces conclusions et « l'idée que le monde entier réussira en s'engageant dans une concurrence intense non seulement entre les États membres, mais aussi entre les travailleurs ».

« Ce qui m'inquiète le plus, c'est l'idée qu'il serait souhaitable, en vertu du traité de l'UE, que les États membres se fassent concurrence non pas pour être les meilleurs ou pour innover, mais qu'ils se fassent concurrence sur le fond, c'est-à-dire qu'ils se fassent concurrence » avec un salaire minimum plus bas.

La responsable de la CES considère cette idée « totalement incompatible avec une interprétation du traité de l'UE qui dit qu'il doit y avoir une amélioration continue des conditions de vie et de travail ». (Solenn Paulic)

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