Réunis à Bruxelles jeudi12 décembre, les ministres de l’Intérieur des pays l’Union européenne ont débattu de la situation en Syrie et du traitement à réserver aux demandeurs d’asile et réfugiés syriens dans l’UE.
Ils se sont aussi penchés, à nouveau, sur les solutions dites 'innovantes' pour réduire les arrivées irrégulières dans l’UE et ont reconnu la nécessité de trouver des pays tiers avec lesquels développer de nouveaux projets, a notamment résumé le ministre hongrois de l’Intérieur, Sándor Pintér.
Sur la Syrie, le nouveau commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, s’est voulu très prudent, répétant à plusieurs reprises que l’UE se trouve dans une situation d’attente et qu’il convient d’abord de voir comment les nouvelles autorités au pouvoir « se comporteront ».
« La situation sur le terrain reste volatile, avec des opportunités et des risques ; nous savons peu de choses sur la nouvelle approche » des nouveaux dirigeants et il est donc « très difficile de savoir ce que cela signifie » pour les réfugiés syriens dans l’UE, a-t-il estimé.
Le commissaire a toutefois indiqué que l’attention doit se concentrer, à ce stade, sur les retours volontaires alors que plusieurs pays membres ont fait savoir, lors du déjeuner, que beaucoup de réfugiés syriens sur leur territoire souhaitaient rentrer dans leur pays d’origine.
Il a dit aussi la disponibilité de la Commission à aider financièrement les pays membres à soutenir ces retours volontaires. « Oui, nous devons aider financièrement » ces personnes, a-t-il insisté.
Toutefois, pour l’heure, des retours non volontaires vers ces pays restent « impossibles » et les États membres doivent suivre les consignes du UNHCR sur la situation dans le pays.
Plus tôt dans la journée, la ministre allemande de l’Intérieur, Nancy Faeser, avait aussi appelé ses collègues à attendre encore quelques jours pour se faire une idée de la situation sur le terrain. « Qu’en est-il de la protection des minorités ? Où en est la protection des personnes ? Alors, bien sûr, le retour pourra avoir lieu ».
Elle a rappelé aussi que « les personnes qui travaillent en Allemagne, en provenance de Syrie, apportent chez nous une contribution importante, par exemple dans le secteur de la santé, en tant que personnel soignant ou aussi en tant que médecins. Nous avons beaucoup de médecins syriens, même en Allemagne. Ils peuvent volontiers rester en Allemagne et sont les bienvenus chez nous, tant qu'ils respectent les lois et travaillent chez nous ».
Lignes directrices stratégiques. Jeudi, les ministres européens ont aussi approuvé les lignes directrices stratégiques pour les futures politiques en matière de justice et d’affaires intérieures.
Sur la migration, la Commission est notamment à nouveau invitée à travailler sur de nouveaux moyens de réduire l’immigration irrégulière vers l’UE, même si le concept de 'solutions innovantes' n’est pas repris.
Face aux nouvelles menaces comme l'instrumentalisation des migrants, les États membres doivent être en mesure de contrer efficacement ces activités et de garantir la stabilité et la sécurité de l'Union. Par conséquent, l'UE trouvera des solutions communes pour renforcer son cadre juridique afin de faire face aux menaces et aux défis de sécurité qui affectent l'asile et la gestion des frontières, indique le texte.
Lien vers les lignes directrices : https://aeur.eu/f/es1 (Solenn Paulic)