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Bulletin Quotidien Europe N° 13525
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

La Commission européenne croit toujours en un rebond économique en 2025

Malgré une légère révision à la baisse de ses prévisions de croissance par rapport à ce printemps (EUROPE 13410/4), la Commission européenne demeure convaincue que les économies de la zone euro et de l'Union européenne vont rebondir en 2025, portées notamment par la consommation et l'investissement.

« L'économie européenne se redresse lentement. Alors que l'inflation continue de diminuer et que la consommation privée et l'investissement reprennent de la vigueur, avec un taux de chômage qui n'a jamais été aussi bas, la croissance devrait s'accélérer progressivement au cours des deux prochaines années », a déclaré le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, vendredi 15 novembre.

L'institution de l'UE prévoit donc qu'après une croissance du PIB de 0,8% en 2024, la création de richesses en zone euro atteindra 1,3% cette année et 1,6% en 2026 (à politiques inchangées). Au niveau de l'UE, la croissance devrait atteindre 0,9% du PIB cette année pour rebondir à 1,5% en 2025 et à 1,8% en 2026.

Les différences demeureront importantes selon les États membres. En 2025, la croissance du PIB serait la plus forte à Malte (4,3%), en Irlande (4,0%), en Pologne (3,6%) et en Croatie (3,3%). Elle devrait être faible en Allemagne (0,7%), en France (0,8%) ainsi qu'en Autriche, en Italie et en Lettonie (1,0% chacune).

D'après M. Gentiloni, l'environnement économique demeure « très incertain, avec des risques à la baisse qui prédominent », comme les risques géopolitiques actuels (guerre en Ukraine et au Proche-Orient) auxquels s'ajouteraient de potentielles tensions commerciales résultant du retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis. Alors que le commerce transatlantique a doublé ces dix dernières années, « un virage protectionniste de la politique commerciale américaine sera extrêmement dommageable pour les deux économies », a-t-il alerté.

Bien que les États consolident leurs finances publiques, le commissaire a préconisé que les pays de l'UE poursuivent leur agenda d'investissements et de réformes en menant à bien les projets nationaux de relance post-Covid-19 d'ici à 2026, en mobilisant l'investissement privé et en mettant en place « de nouveaux instruments communs pour financer des biens publics européens ».

Par ailleurs, parmi les atouts de l'UE, M. Gentiloni a relevé que le marché du travail résiste, avec un taux de chômage historiquement bas à 5,6% dans l'UE et à 6,3% dans la zone euro en 2024. Il a estimé que les investissements, malgré un niveau décevant cette année, et la consommation, après deux ans de modération, allaient tous deux se renforcer. Et le desserrement des conditions de financement, à la faveur de baisses de taux répétées des taux directeurs de la BCE, devrait contribuer à faire rebondir la machine économique.

Concernant l'inflation, la Commission est d'avis que la tendance désinflationniste allait se poursuivre et ramener graduellement la hausse des prix en zone euro à un niveau proche de la mission de la BCE, à savoir 2,0%, d'ici 2026.

Déficit. Les États membres continueront de réduire les déficits publics, avec la suppression définitive des aides d'urgence octroyées pour faire face à la crise énergétique provoquée par l'agression russe en Ukraine. Tant au niveau de la zone euro que de l'UE, le déficit moyen devrait être ramené de 3,0 à 2,8% du PIB entre 2024 et 2026. La trajectoire prévue est presque similaire pour l'UE dans son ensemble, avec une baisse du déficit de 3,1 à 2,9% du PIB sur la même période.

À noter que, selon la Commission, les déficits publics dépasseront le seuil de 3% du PIB dans dix pays en 2024 et dans neuf en 2025. Seront encore concernés par un déficit excessif en 2024 : la Roumanie (7,9%), la France (6,2%), la Pologne et la Slovaquie (5,8% chacune), la Hongrie (5,4%), la Belgique (4,6%), Malte (4,0%), l'Italie (3,8%), la Finlande (3,7%) et l'Autriche (3,6%).

Toutefois, a estimé M. Gentiloni, « l'impact restrictif des politiques budgétaires nationales sur l'activité économique devrait être compensé en 2025 par l'accélération du déploiement des fonds de l'UE », y compris ceux alloués aux plans de relance post-Covid-19.

Dette publique. Concernant l'endettement public, la tendance repart à la hausse en raison de déficits publics primaires encore élevés et d'un accroissement du service de la dette, ces deux phénomènes n'étant pas compensés par la croissance du PIB.

Selon la Commission, la dette publique moyenne passerait ainsi de 88,9 à 90,0% entre 2023 et 2026 dans la zone euro et de 82,1 à 83,4% du PIB au niveau de l'UE sur la même période.

Là encore, les situations nationales sont très différentes. La dette publique demeurera très élevée en Grèce (153,1% du PIB en 2024, 146,8% en 2025), en Italie (136,6% du PIB en 2024, 138,2% en 2025), en France (112,7% du PIB en 2024, 115,3% en 2025), en Belgique (103,4% du PIB en 2024, 105,1% en 2025), en Espagne (102,3% du PIB en 2024, 101,3% en 2025).

En revanche, l'endettement public est faible en Estonie (23,2% du PIB en 2024, 24,2% en 2025), en Bulgarie (24,5% du PIB en 2024, 23,1% en 2025), au Luxembourg (27,5% du PIB en 2024, 27,6% en 2025) et au Danemark (31,0% du PIB en 2024, 29,3% en 2025).

Mardi 26 novembre, la Commission présentera son analyse des programmes budgétaires pluriannuels des États membres et les recommandations qu'elle adressera au Conseil de l'UE. 

Voir les prévisions économiques d'automne de l'institution de l'UE : https://aeur.eu/f/ec1 (Mathieu Bion)

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