Le vainqueur des élections présidentielles américaines, Donald Trump, a fait parler de lui à la réunion de la Communauté politique européenne (CPE) à Budapest, jeudi 7 novembre. À leur arrivée, la plupart des dirigeants des 42 pays participants à la CPE ont été interrogés sur l’impact sur l’Europe du retour au pouvoir de M. Trump aux États-Unis. Le soir même, les Vingt-sept se retrouvaient, quant à eux, autour d'un dîner sur ce sujet, entre autres.
Un grand nombre de dirigeants européens estiment que cette élection doit surtout pousser le Vieux continent au dialogue avec Washington. Car « une guerre commerciale n’est bonne pour personne », a souligné le Premier ministre belge, Alexander De Croo.
Les dirigeants finlandais et autrichien sont du même avis. Dans l’éventualité où le futur Président des États-Unis n’entendrait pas raison et imposerait des droits de douane sur les exportations européennes, il n'est pas question pour l'UE de « répondre au protectionnisme par du protectionnisme », selon le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo.
Ce qui ne va pas dans le sens d’Emmanuel Macron, qui considère que l’Union doit sortir d’un « transatlantisme naïf ». Sans remettre en cause l’alliance avec Washington, le président français a insisté sur le besoin d’une Union forte et indépendante : Donald Trump « va défendre l'intérêt des Américains, c'est légitime et c'est une bonne chose. La question est : est-ce qu'on est prêt à défendre les intérêts européens ? »
Le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est placé sur la même ligne. « Nous voulons, bien sûr, renforcer les liens avec les États-Unis, mais nous voulons aussi maîtriser notre destin et être plus influents », a-t-il insisté.
Sécurité. Face au résultat des élections outre-Atlantique, les dirigeants se sont montrés unis sur le besoin pour l'Union de prendre davantage ses responsabilités pour assurer sa sécurité, d'après le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán. « Pour le dire plus simplement, nous ne pouvons pas attendre que les Américains nous protègent », a-t-il affirmé devant la presse à l'issue de la réunion de la CPE.
Si des craintes sur une mise en retrait de Washington dans l’alliance transatlantique ont été exprimées par le passé, plusieurs dirigeants, comme le président lituanien, Gitanas Nausėda, ou encore le Premier ministre albanais, Edi Rama, ont voulu rappeler que la pression mise par Donald Trump sur les alliés a été bénéfique. Ils ont crédité l'ancien président américain pour l'augmentation des dépenses dans la défense ces dernières années.
Ukraine. Le soutien américain à l’Ukraine à l'avenir cause quelques inquiétudes en Europe. Plusieurs chefs d'État ou de gouvernement espèrent pouvoir compter sur Washington dans les mois à venir. D'autres assurent toutefois que M. Trump devrait maintenir la ligne actuelle a minima.
Ce dernier est conscient qu'un accord de paix ne peut pas être cédé à Vladimir Poutine à n'importe quel prix, selon une source. Dès lors, les Européens font leur possible pour avoir voix au chapitre dans les négociations sur la paix (voir autre nouvelle).
Charles Michel estime que les Américains doivent absolument comprendre qu'il est de leur intérêt d'être fermes avec la Russie. « Si les États-Unis sont laxistes avec la Russie, quel message cela envoie-t-il à la Chine ? ». (Léa Marchal avec Pauline Denys)