Le ministre hongrois des Affaires européennes, János Bóka, a indiqué, jeudi 19 septembre, qu'il organiserait « deux discussions sur l'avenir de l'Union européenne » lors des réunions du Conseil 'Affaires générales' de « novembre et décembre ».
Ces discussions contribueront à la réflexion sur les réformes internes que l'Union européenne devra mener « en parallèle » des négociations en vue de son élargissement aux pays candidats, a indiqué M. Bóka en présentant les priorités de la Présidence hongroise du Conseil de l'UE à la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen.
Il a noté que le Conseil européen de juin avait demandé à la Commission européenne de présenter, au printemps 2025, une évaluation détaillée des politiques de l'UE dans quatre domaines : - les valeurs et le respect de l'État de droi t; - la compétitivité et la souveraineté économique ; - l'avenir du budget de l'UE ; - la gouvernance institutionnelle. Et les dirigeants européens se saisiront à nouveau du sujet en juin 2025.
À part sur la question de l'État de droit (voir autre nouvelle), la discussion s'est transformée en un dialogue de sourds entre, d'un côté, de nombreux eurodéputés rappelant à la Hongrie ses initiatives et ses prises de position qui mettent à mal la nécessaire coopération loyale avec les autres pays de l'UE et, de l'autre, le ministre hongrois rejetant en bloc ces accusations et souhaitant focaliser son intervention sur les priorités de la Présidence du Conseil.
Répondant à Juan Fernando López Aguilar (S&D, espagnol), Sandro Gozi (Renew Europe, italien), Daniel Freund (Verts/ALE, allemand) ou Anthony Smith (La Gauche, français), qui reprochaient au gouvernement hongrois de mettre à mal l'État de droit, M. Bóka a regretté que son pays n'ait pas été invité au PE pour expliquer sa démarche lors de la législature précédente. Ce sera chose faite prochainement, a promis le président de la commission parlementaire, Sven Simon.
Interrogé sur le principe de subsidiarité par Marieke Ehlers (PfE, allemande), le ministre hongrois a souligné l'importance de respecter les traditions constitutionnelles des États membres, estimant que le suivi par les parlements nationaux des travaux européens n'était pas suffisamment exploité. La Hongrie soutient tout dialogue visant à faire respecter ces traditions, comme souhaité par plusieurs Conseils d'État et Cours suprêmes d'États membres, a-t-il ajouté. (Mathieu Bion)