Quelques jours avant la fin de son mandat, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a mis en garde contre l’isolationnisme, à quelques semaines des élections américaines et alors que les Européens souhaitent être plus indépendants des Américains.
« L’isolationnisme ne protégera personne. Nous vivons dans un monde interconnecté. Les défis sécuritaires sont trop grands et la concurrence trop féroce pour qu’un pays puisse faire cavalier seul », a-t-il expliqué dans un discours au German Marshall Fund à Bruxelles.
Selon M. Stoltenberg, se concentrer sur des intérêts nationaux à court terme plutôt que sur une coopération à long terme ne servira à rien. Il a expliqué qu’investir dans la relation transatlantique était la « seule voie gagnante ».
Le secrétaire général a rappelé que l’Alliance n’était pas gravée dans la pierre, mais « le résultat de choix délibérés et d’une volonté politique ».
« Les Européens doivent comprendre que, sans l’OTAN, il n’y a pas de sécurité en Europe. 80% des dépenses de défense de l’OTAN proviennent d’alliés non membres de l’UE », a souligné M. Stoltenberg, ajoutant qu’il ne s’agissait pas que d’une question de ressources, mais aussi de géographie.
Et si l’Alliance transatlantique a bien servi l’Europe, elle a également bien servi les États-Unis, a-t-il rappelé. « Les amis et alliés de l’Amérique apportent des contributions indispensables à la sécurité et aux intérêts américains », a estimé le secrétaire général, rappelant que les Alliés avaient été aux côtés des États-Unis « de la Corée à l’Afghanistan ».
Et d'ajouter : « Aucune autre grande puissance n’a autant d’amis et d’alliés que les États-Unis. Toute politique qui cherche à saper cela gaspille l’un des plus grands atouts de l’Amérique ».
Le secrétaire général a aussi fait le bilan de son mandat de 10 ans. Il a notamment rappelé que les Alliés avaient renforcé leurs défenses, y compris en augmentant leur dépense. Selon M. Stoltenberg, 23 pays membres de l'organisation consacrent désormais au moins 2% de leur PIB à la défense, mais « cela ne suffit plus ». Le secrétaire général a estimé que pour pouvoir assurer leur sécurité, il faudra consacrer « bien plus de 2% du PIB à la défense dans les années à venir ». (Camille-Cerise Gessant)