La nouvelle étude du Bureau européen pour l'environnement (BEE) répond à bien des inquiétudes émises notamment par le secteur agricole au début de 2024. L'Union européenne disposerait en effet, selon l'ONG, d'assez de terres pour développer l'énergie solaire et éolienne sans empiéter sur la production alimentaire.
L'étude du BEE, publiée mercredi 24 juillet, indique que seule la moitié des terres considérées comme propices aux énergies renouvelables est nécessaire pour décarboner l'UE d'ici 2040. Les réserves naturelles et les « zones agricoles de grande valeur » sont exclues de ce calcul. Il serait donc possible d'arriver à 100% d'énergie renouvelable dans l'UE sans générer de conflit de changement d'utilisation des terres.
Au total, selon le BEE, seulement 2,2% de la superficie totale de l'UE est nécessaire pour le solaire et l'éolien. 5,2% de ces mêmes terres sont adaptées à ce besoin. L'étude précise que la majorité de ces terres se trouvent dans les zones rurales : 78% pour l'énergie solaire photovoltaïque au sol et 83% pour l'énergie éolienne terrestre.
Le BEE raisonne à l'échelle de l'UE, plutôt que par État membre. Ainsi, l'étude explique que si l'Allemagne et l'Italie ne disposent pas d'assez de terres adaptées aux énergies renouvelables, quand on enlève les réserves naturelles et les zones agricoles productives, l'Espagne et la Roumanie en ont, elles, en abondance. Ce constat amène le BEE à plaider pour un « super-réseau européen », alors que la directive européenne sur les énergies renouvelables (RED) charge les États membres de désigner des « zones d'accélération », où les processus d'approbation seront rationalisés (EUROPE 13296/32). (Florent Servia)