Après l'ouverture officielle des négociations d'adhésion avec la Moldavie lors de la Conférence intergouvernementale du 25 juin dernier (EUROPE 13440/8), le commissaire européen chargé de l'Élargissement, Olivér Várhelyi, s'est rendu dans la République moldave pour marquer officiellement le début du processus.
La Moldavie fait face à plusieurs défis sur la voie de son adhésion à l'Union, principalement au vu de sa situation économique et des réformes à entreprendre au niveau judiciaire et administratif (EUROPE 13436/31).
Malgré tout, le pays a su réaliser plusieurs avancées notables et a profité de l'aide économique européenne à travers le plan économique et d'investissement (EIP), qui s'élève à 1,5 milliard d'euros, pour avancer vers les objectifs de l'UE.
« Le Parlement moldave a mené à bien de très nombreuses réformes qui étaient en suspens depuis longtemps, en particulier dans le domaine de l'État de droit et des questions essentielles telles que la réforme du système judiciaire et la lutte contre la corruption. Ces éléments étaient très importants pour l'ouverture des négociations d'adhésion », a souligné le commissaire lors d'un point presse commun avec le Premier ministre moldave, Dorin Recean, mercredi 10 juillet.
Si le lancement officiel du processus marque une étape importante et symbolique pour la Moldavie, « le plus gros du travail reste encore à faire », a averti Olivér Várhelyi.
« Nous avons 1 200 experts de la Commission avec plus de 4 000 questions à traiter et vous avez 150 000 pages d'acquis de l'UE à parcourir », a-t-il détaillé. « Et cela veut dire que la Moldavie va devoir prendre position sur chaque spécificité de la législation européenne et détailler de façon concrète et crédible la manière dont vous serez en mesure d'appliquer ces règles. »
Olivér Várhelyi a également ajouté qu'il était crucial pour le pays de renforcer et rendre plus résiliente son économie ainsi que ses capacités et son infrastructure énergétique. Dorin Recean a admis qu'à ce stade, les secteurs qui s'annoncent les plus complexes à traiter pour la Moldavie restent l'environnement, l'agriculture et la compétitivité.
Le pays avait déposé sa candidature en mars 2022 et reçu le statut de candidat en juin de la même année. (Isalia Stieffatre)