Les Alliés ont célébré, mardi 9 juillet, les 75 ans de l’OTAN dans la même salle où le traité fondateur de l’organisation, le Traité de Washington, a été signé en avril 1949 par douze États et a créé l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.
Une Alliance créée pour « préserver la paix et sauvegarder la liberté », a rappelé son secrétaire général, Jens Stoltenberg, qualifiant l’OTAN d’ « alliance la plus réussie de l’histoire ». Il s'agit de « l’alliance défensive la plus grande et la plus efficace de l’histoire du monde », a ajouté le président américain, Joe Biden.
« Pour comprendre le succès durable de l’OTAN, il est important de reconnaître que notre Alliance transatlantique n’a jamais été une évidence. Au contraire, c’est le résultat de choix délibérés et de décisions difficiles, à commencer par la création de l’OTAN », a expliqué M. Stoltenberg, qui a prévenu que l'Alliance ne devait pas être considérée comme acquise, ni maintenant ni dans les décennies à venir.
Le secrétaire général a appelé à faire « preuve de clarté, de courage et de détermination », estimant que les Alliés donnaient le « meilleur » d'eux-mêmes lorsqu’ils prenaient des décisions difficiles avec « courage, politique et clarté morale ».
« Nous sommes plus forts et plus en sécurité ensemble, au sein de l’OTAN », a plaidé M. Stoltenberg. Selon le président américain, « aujourd’hui, l’OTAN est plus forte, plus intelligente et plus énergique qu’à ses débuts ». Joe Biden n’a pas manqué de souligner les efforts des Alliés concernant leurs dépenses de défense – un partage du fardeau cher aux Américains. « Il s'agit d'un progrès remarquable – la preuve que notre engagement est large et profond, que nous sommes prêts, que nous avons la volonté et que nous sommes capables de dissuader les agressions et de défendre chaque centimètre carré du territoire de l'OTAN dans tous les domaines : terre, air, mer, cyber et espace », a-t-il estimé.
Une alliance qui s’est agrandie depuis la fin de la guerre froide - elle compte désormais 32 membres -, a réagi au 11 septembre, a « traversé des tempêtes » a reconnu M. Stoltenberg, et qui s’est même vue qualifier d’organisation en « mort cérébrale » par le président français, Emmanuel Macron, en 2019, mais qui a su réagir à la guerre en Ukraine. Un conflit que n'ont pas manqué de mentionner MM. Biden et Stoltenberg.
Selon ce dernier, « notre soutien à l’Ukraine n’est pas acquis. Ce n’est pas simple, parce que notre soutien comporte des coûts et des risques ». M. Stoltenberg a ajouté qu'il n'existait « pas d’option gratuite avec une Russie agressive comme voisin, pas d’option sans risque en cas de guerre, (mais que) le coût le plus élevé et le plus grand risque serait la victoire de la Russie en Ukraine. Nous ne pouvons pas permettre que cela se produise ».
« L’Ukraine peut et va arrêter Poutine, surtout avec notre soutien total et collectif. Et les Ukrainiens ont tout notre soutien », a prévenu M. Biden. Et de promettre : « La Russie ne l’emportera pas. L’Ukraine l’emportera ».
Nouveau soutien antiaérien
Pour aider l'Ukraine, M. Biden a annoncé un « don historique d’équipements de défense antiaérienne ». « Les États-Unis, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Roumanie et l’Italie fourniront à l’Ukraine l’équipement nécessaire à cinq systèmes de défense aérienne stratégiques supplémentaires », a-t-il expliqué, ajoutant que, dans les mois à venir, les États-Unis et leurs partenaires avaient l'intention de fournir des dizaines de systèmes de défense aérienne tactique supplémentaires. « Les États-Unis veilleront à ce que, lorsque nous exporterons des intercepteurs critiques de défense aérienne, l’Ukraine soit en première ligne. Elle recevra cette aide avant que quiconque ne la reçoive », a promis le président. Au total, Kiev recevra des centaines d’intercepteurs supplémentaires au cours de l’année prochaine, selon M. Biden. Mercredi, M. Stoltenberg a annoncé que les Alliés veilleraient à ce que les Ukrainiens disposent de davantage de systèmes de défense aérienne tactiques, notamment de NASAMS, des batteries de missiles sol-air norvégiennes.
Mercredi, M. Biden et les Premiers ministres néerlandais, Dick Schoof, et danoise, Mette Frederiksen - codirigeants de l’'Air Force Capability Coalition for Ukraine', ont annoncé que le processus de transfert de F-16 danois et néerlandais était en cours et que l’Ukraine ferait voler des F-16 opérationnels « cet été ».
M. Stoltenberg décoré
Par ailleurs, la célébration a été l’occasion de rendre hommage au travail du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, en poste depuis 2014 et qui quittera ses fonctions début octobre, après un mandat plusieurs fois prolongé par les dirigeants des pays alliés.
M. Biden a souligné son « travail extraordinaire », expliquant qu’une « grande partie des progrès réalisés au sein de l’Alliance » lui était due. « C’est un homme intègre et rigoureux, au tempérament calme en temps de crise, un diplomate accompli qui travaille avec des dirigeants de tout le spectre politique et qui trouve toujours un moyen de nous faire avancer », s’est félicité le président américain, avant de remettre à M. Stoltenberg la Médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine. (Camille-Cerise Gessant)