La Présidence hongroise du Conseil de l’UE, dont le mandat a pris cours lundi 1er juillet pour six mois, affiche comme « priorité absolue » le renforcement de la compétitivité européenne, notamment en améliorant l'efficacité des écosystèmes européens de recherche et d’innovation (R&I). Elle estime qu'il convient de remédier à différentes lacunes, dont la fragmentation de l'Espace européen de la recherche (EER) et de l’innovation ou encore le déficit d'innovation en Europe.
La Présidence indique qu’elle souhaite examiner l'efficacité des mesures et initiatives déjà initiées pour y remédier. Elle entend lier ce sujet à l'évaluation de l'agenda politique 2022-2024 de l’EER au rapport de Mario Draghi sur l'avenir de l'UE ainsi qu'à celui sur la mise en œuvre du nouvel agenda européen de l’innovation. Elle prévoit en outre l’adoption de conclusions du Conseil sur ce sujet.
La Présidence hongroise souhaite également faire adopter des conclusions sur les matériaux avancés, dans la continuité des travaux de la Présidence belge (EUROPE 13444/10).
Enfin, des conclusions du Conseil seront également l'occasion d’évaluer la possibilité d'établir un nouveau partenariat d'innovation et de recherche sur la bioéconomie circulaire. Dans ce contexte, la Présidence désire « mettre l'accent sur les pays d'Europe centrale et orientale, y compris les Balkans occidentaux et les pays du partenariat oriental ».
Liberté académique en Hongrie
Ces priorités hongroises en R&I seront présentées au Parlement européen. Les questions liées à la liberté académique en Hongrie seront probablement soulevées à cette occasion. En effet, le tableau de bord de la liberté académique dans les États membres 2023, commandé par le Panel pour le futur de la science et de la technologie du Parlement européen (STOA) au service de recherche du PE, fait état de « graves menaces pour la liberté académique affectant l'autonomie institutionnelle, la liberté de recherche et la liberté d’expression ».
Le rapport relève des signes d'ingérence directe du gouvernement hongrois, de contrôle des universités et d'autres organismes d'enseignement supérieur.
Depuis décembre 2022, une décision d'exécution du Conseil (2022/2506) interdit notamment, jusqu'à ce que la mesure soit levée, de conclure de nouveaux engagements juridiques avec les fiducies d'intérêt public hongroises et les entités qu'elles gèrent dans le cadre de l'exécution du budget de l'UE afin de protéger ce dernier contre d'éventuels conflits d'intérêts, et de garantir l'utilisation transparente des fonds européens.
Lien vers le programme : https://aeur.eu/f/crs
Lien vers le rapport STOA : https://aeur.eu/f/cxa (Émilie Vanderhulst)