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Bulletin Quotidien Europe N° 13421
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

« la légitime défense n’est pas une escalade », prévient Jens Stoltenberg

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a estimé, vendredi 31 mai, que le fait que les Alliés puissent autoriser l’Ukraine à l’utiliser leurs armes pour frapper la Russie afin de se défendre n’était pas une escalade du conflit.

Rappelant que la Russie avait déclenché la guerre et tuait des civils ukrainiens, il a estimé que « la légitime défense n’(était) pas une escalade ». « La légitime défense est un droit fondamental. C’est inscrit dans la Charte des Nations Unies. L’Ukraine a le droit et la responsabilité de protéger sa population. Et nous avons le droit d’aider l’Ukraine à faire valoir son droit à la légitime défense », a souligné M. Stoltenberg à l’issue de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des pays alliés.

Face aux menaces russes, le secrétaire général a rappelé qu’à chaque étape de la guerre, la Russie avait proféré des menaces. « Poutine voulait dissuader les Alliés de l’OTAN de soutenir l’Ukraine. Mais nous ne nous laisserons pas dissuader », a-t-il prévenu, ajoutant qu’à mesure que la guerre avait évolué, le soutien des Alliés avait évolué et continuerait d’évoluer.

Les États-Unis et l’Allemagne ont annoncé le même jour que leurs armes pourraient être utilisées par l’Ukraine pour frapper la Russie. Plus tôt dans la journée, le secrétaire général avait rappelé que de nombreux Alliés acceptaient que l’Ukraine utilise les armes reçues pour se défendre, notamment en frappant des cibles militaires en Russie. « Nous attendons tous que cela soit fait conformément au droit international et de manière responsable », avait expliqué M. Stoltenberg.

Le secrétaire général a également dénoncé l’aide des « meilleurs amis » de la Russie - la Chine, la Corée du Nord (voir autre nouvelle) et l’Iran (voir autre nouvelle) - à celle-ci. Si l’Iran livre des drones et la Corée du Nord des munitions, la Chine « soutient l'économie de guerre russe en livrant de nombreux équipements à double usage, de l'électronique avancée et des microprocesseurs », selon M. Stoltenberg. « La Russie n’aurait donc pas été en mesure de mener la guerre qu’elle mène contre l’Ukraine sans le soutien de la Chine à son économie », a-t-il souligné.

Renforcer le rôle de l'OTAN

Les ministres ont également discuté de la possibilité de donner un rôle de coordination plus important à l’OTAN dans la fourniture d’équipements et de formation. Rappelant que 99% de l’aide fournie à Kiev venait des Alliés, le secrétaire général a estimé « qu’il serait logique que l’OTAN joue un rôle plus important dans ces efforts ». « Cela nous permettra d'utiliser les structures de l'OTAN pour asseoir notre soutien sur des bases plus solides, offrir plus de prévisibilité à Kiev et répondre aux besoins immédiats et à long terme », a-t-il ajouté.

Un soutien financier prévisible

Les Alliés se sont aussi penchés sur la proposition du secrétaire général d’un fonds de 100 milliards pour l’Ukraine. S’il n’a pas mentionné de montant devant les médias, M. Stoltenberg a expliqué avoir proposé aux Alliés de s’engager à prendre un engagement financier pluriannuel en faveur de l’Ukraine et qu’ils allaient commencer à travailler sur les détails d’un tel engagement.

Il a rappelé que, depuis l’invasion russe en 2022, les Alliés avaient déboursé environ 40 milliards d’euros de soutien militaire à l’Ukraine. « Nous devons maintenir au moins ce niveau de soutien chaque année, aussi longtemps que nécessaire », a plaidé M. Stoltenberg. Selon lui, les Alliés doivent partager le fardeau de manière équitable. « Cela améliorera la responsabilité et donnera à l’Ukraine la prévisibilité dont elle a besoin pour planifier à long terme », a expliqué le secrétaire général, ajoutant que cela aidera à empêcher les retards et manques en termes d’équipements constatés ces derniers mois. « Nous devons nous assurer que Moscou comprend que nous sommes prêts à soutenir notre soutien à l'Ukraine sur le long terme », avait précisé le secrétaire général la veille.

Les ministres ont également discuté de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, même si aucune invitation ne devrait être lancée à l’occasion du sommet de Washington. « Nous travaillons sur les moyens de rapprocher l’Ukraine de l’adhésion », a expliqué M. Stoltenberg, espérant qu’au sommet, une mission ou une structure plus forte pour apporter un soutien à l'Ukraine - ce qui « contribuera à rapprocher le pays de l’adhésion » - sera créée. (Camille-Cerise Gessant)

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