L’investissement dans l’innovation et les compétences pourrait grandement aider la transition équitable des régions de production de véhicules automobiles de l'UE, selon des experts européens s'exprimant lors d’une conférence organisée mercredi 22 mai par le Comité européen des régions.
Joaquim Nunes de Almeida, directeur de la Direction générale du marché intérieur, l'industrie, l'entrepreneuriat et les petites et moyennes entreprises (PME) de la Commission européenne (DG GROW), a présenté l’état des lieux et défis futurs des régions concernées. L'industrie automobile dans l'UE est confrontée à des défis importants résultant de trois tendances principales : la transition verte, la transition numérique et l'intensification de la concurrence mondiale. L'électrification des véhicules, le respect de la législation, la disponibilité des matières premières et les facteurs géopolitiques représentent ainsi des difficultés pour les régions.
Selon lui, la stratégie de transformation régionale devrait « se concentrer en premier lieu sur l'industrie automobile locale et sa main-d'œuvre et, dans une moindre mesure, sur les industries connexes ». Les capacités des pouvoirs publics et le soutien aux fournisseurs de matières premières ne devraient pas être les principaux domaines d'intervention. Les programmes d'innovation et d'investissement ainsi que les politiques d'emploi et de reconversion sont considérés au contraire comme les éléments les plus importants.
« La vraie question est de savoir comment s'assurer que la transition industrielle et l'inclusion des secteurs automobiles feront partie intégrante des missions et des objectifs du prochain paquet d'investissements que la Commission proposera et quelle sera la place des régions dans l'élaboration et la prise de décision concernant ces investissements », a souligné Nicola de Michelis, directeur du soutien futur à une transition juste à la Direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO).
Mark Nicklas, chef d'unité de la DG GROW, estime qu'il faut surtout aider les PME à se transformer, car celles-ci ne sont pas assez sensibilisées à l'innovation. « Il est nécessaire d'envisager de nouveaux secteurs de croissance », a-t-il estimé.
« Je suis convaincu que la route de l’électrification n’est pas la seule à emprunter, il existe d’autres solutions avec les biocarburants, les carburants de synthèse, l’hydrogène », a fait valoir Guido Guidesi, ministre du Développement économique de la région italienne de Lombardie. (Anne Damiani)