L'Espagne, l'Irlande et la Norvège ont annoncé, mercredi 22 mai, leur décision coordonnée de reconnaître l'État de Palestine dans l'espoir d'insuffler une nouvelle dynamique dans la recherche d'une solution politique au conflit israélo-palestinien, sept mois après le déclenchement de la guerre entre Israël et l'organisation islamiste du Hamas. Cette décision sera effective à partir du 28 mai.
« Nous devons faire vivre la seule alternative offrant une solution politique à la fois aux Israéliens et aux Palestiniens : deux États, vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité », a déclaré le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, à la Chambre espagnole des députés, cité par l'AFP. Il a lancé « un appel fort » à d'autres pays pour qu'ils rejoignent cette initiative.
La solution à deux États est « le seul chemin crédible vers la paix et la sécurité pour Israël et pour la Palestine », a considéré son homologue irlandais, Simon Harris, depuis Dublin.
Fin mars, en marge du Conseil européen, les dirigeants irlandais, maltais, espagnol et slovène avaient fait part de leur volonté commune de reconnaître l'État de Palestine (EUROPE 13377/19).
Le gouvernement slovène a adopté le 9 mai un décret pour la reconnaissance d'un État palestinien, comptant l'envoyer au Parlement national pour approbation d'ici au 13 juin.
D'après le décompte de l'Autorité palestinienne, jusqu'à présent, 142 pays des 193 pays membres de l'ONU ont reconnu la Palestine. Depuis 2014, la Suède était la seule à l'avoir fait en tant qu'État membre de l'Union européenne. Six autres pays - la Bulgarie, Chypre, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Roumanie - l'avaient fait avant d'adhérer à l'UE. La France considère que les conditions ne sont pas réunies pour une telle reconnaissance, cette initiative devant intervenir à l'issue des négociations sur les contours d'un État palestinien viable.
Mercredi, les autorités israéliennes ont estimé que l'initiative des trois pays risque de transformer ces derniers en pions manipulés par l'Iran et le Hamas, récompense le terrorisme et réduit les chances d'une solution politique négociée au conflit israélo-palestinien.
La Commission européenne n'a toujours pas répondu à la lettre des dirigeants espagnol et irlandais lui demandant de vérifier si, dans la guerre qu'il mène contre le Hamas, Israël respecte ses obligations en matière des droits de l’homme inscrites dans son accord bilatéral d'association avec l'UE (EUROPE 13350/1). (Mathieu Bion)