Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, souhaite parvenir avec ses homologues des pays du G7 à un accord sur l'utilisation des revenus d'aubaine générés par les actifs publics russes gelés, lors de leur réunion de Stresa (Italie) en fin de semaine.
Il convient d'utiliser au mieux, et le plus en amont possible, les profits sur ces avoirs, a-t-il déclaré mercredi 22 mai à quelques journalistes. Il a salué « l'évolution » de la position des États-Unis sur la question.
Alors qu'elles prônaient la mobilisation des avoirs publics russes gelés, les autorités américaines préconisent désormais de ne mobiliser que les profits actuels et futurs tirés de ces avoirs pour emprunter avec effet de levier jusqu'à 50 milliards de dollars afin de soutenir l'Ukraine face à l'agression militaire russe.
L'UE a mis en place un régime mobilisant les profits générés par les avoirs de la Banque de Russie, évalués à hauteur de 3 milliards d'euros par an (EUROPE 13413/21). En 2024, 90% de cette enveloppe seront alloués à l'effort de guerre ukrainien.
Pour le ministère français des Finances, toute solution retenue au niveau du G7 devra « être conforme au droit international et protéger la stabilité financière ».
Chine. « Il est indispensable que le G7 'Finances' fasse bloc » pour « rétablir des relations commerciales plus équitables » entre les grandes économies occidentales et la Chine, dont les « surcapacités » risquent d'inonder nos marchés, a estimé M. Le Maire. Selon lui, octroyer l'accès au marché unique est « un atout qui se négocie » afin d'obtenir davantage de « réciprocité ».
Concernant les questions fiscales, le ministre a réitéré qu'il mènera un nouveau combat à l'OCDE pour « la taxation minimale des grandes fortunes », troisième pilier de la réforme fiscale internationale. « Nous y arriverons », a-t-il assuré. (Mathieu Bion)