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Bulletin Quotidien Europe N° 13409
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT / Culture

Les ministres européens cherchent à équilibrer le potentiel de l'IA avec la sauvegarde de la créativité artistique

Comment trouver l’équilibre entre les possibilités offertes par l’intelligence artificielle et la protection du secteur culturel et créatif (SCC) face à cette révolution ? Cette question a guidé le débat d’orientation tenu par les ministres européens de la Culture dans la matinée de mardi 14 mai à Bruxelles.

Ces derniers, réunis en Conseil sous la présidence de Jan Jambon, ministre-président flamand chargé de la Culture, de la Numérisation, des Affaires étrangères et de l'Infrastructure, ont bénéficié de l’expertise de Marnix Verduyn.

L'auteur de bandes dessinées et professeur à l'université de Louvain s’est ainsi exprimé au sujet de ce qu’il considère comme « un tournant historique » digne d’une « révolution industrielle », qui constituerait, en cela, une source d'inspiration. Face à des faits qu’il analyse comme mathématiques, le bédéiste a rappelé aux ministres européens que l’IA ne faisait que répondre à des objectifs humains. Et, selon lui, le potentiel offert ne dépendrait que de la manière dont l’intelligence artificielle est utilisée. 

Formations et collaboration intersectorielle 

M. Verduyn a appelé à développer des outils et à multiplier les collaborations entre les acteurs des SCC et les développeurs des IA, notamment pour améliorer leur formation relative à ces nouveaux usages. Ces recommandations ont également été soulevées par plusieurs États membres, comme la Bulgarie et la Finlande. 

En outre, Marnix Verduyn a mis en garde contre un éventuel monopole des États-Unis et de la Chine et a enjoint à l’Union européenne de développer ses propres outils. « Les SCC européens et les centres de recherche font partie des meilleures au monde, il faut en profiter », a-t-il déclaré. 

À la suite de ces remarques liminaires, plusieurs ministres ont reconnu les opportunités offertes par l’intelligence artificielle. La ministre allemande de la Culture, Claudia Roth, a ainsi déclaré qu’il s’agissait d’« une chance », notamment, pour l’« amélioration des collections des données, des inventaires de bibliothèques et de musées ou encore au regard de la prévention de situations de crises ». 

Si plusieurs ministres ont abondé en ce sens, l'idée de soumettre ce champ des possibles à une « stratégie intelligente », permettant tant d’en exploiter toutes les facettes que d’affronter les risques qui y sont liés, a vite été soulevée, notamment par Mme Roth. 

Protection des œuvres et droits d’auteur 

La ministre allemande a ainsi posé la question de la protection des œuvres, pour que les auteurs et autrices en restent les propriétaires. « Comment mettre en place un système de refinancement efficace qui ne toucherait pas aux droits d'auteur ? », a-t-elle également demandé.

Son homologue espagnol, Ernest Urtasun, a appelé à poursuivre la discussion avec des représentants du secteur, très inquiets à ce sujet. Pour l’Espagne, il faut donc trouver des mécanismes de compensation des droits d’auteur et faire respecter les droits de propriété intellectuelle. 

 « Il faut que l'être humain reste aux commandes des processus créatifs », a souligné, de son côté, le ministre italien, Gennaro Sangiuliano, qui, par ailleurs, a fait part d’une législation italienne, proposée le 23 avril, contre les risques de falsification.

Risques pour l’État de droit et la démocratie

Les problématiques de la collecte des données personnelles, de la protection de la liberté des individus et de leurs expositions aux fausses informations, « aux deep fakes », ont constitué un autre volet de préoccupations. La ministre suédoise, Parisa Liljestrand, qui a fait part de ses « inquiétudes » à ce sujet, a exposé les grandes lignes d’une stratégie décennale développée par l’État scandinave pour les SCC, qui comprend des mesures pour sensibiliser le public. La Suède a également demandé aux prochaines Présidences de faire une cartographie des différentes évolutions et de multiplier les échanges de vues. 

Financements

La question du financement a largement été évoquée. La Pologne a ainsi rappelé l'intérêt européen de soutenir des projets culturels qui font usage de nouveaux processus. Le ministre tchèque, Martin Baxa, quant à lui, a énoncé les mesures prises dans son pays pour soutenir l'industrie culturelle et créative et aider les secteurs qui utilisent l'IA. Il a appelé à une poursuite des soutiens par Europe Créative. Toutefois, comme l'a rapporté Jan Jambon, les budgets de ces secteurs sont généralement limités. « Il faut donc trouver des fonds par d'autres voies. (...) Je pense que c'est quelque chose qui sera discuté plus en détail au Conseil », a-t-il déclaré à la fin de la matinée.

Cette réunion a également été l'occasion pour les ministres européens de la Culture d'approuver des conclusions sur les moyens de renforcer les SCC par le biais d'un développement de l'audience fondé sur des données. Enfin, des conclusions encourageant l'éducation aux médias et au numérique parmi les influenceurs, notamment mineurs, et à échanger les meilleures pratiques pour les soutenir, ont été adoptées. (Nithya Paquiry) 

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