Après le ban du drapeau européen, la Commission européenne et des eurodéputés demandent aux organisateurs du concours Eurovision de s'expliquer.
Le vice-président de la Commission européenne, Margarítis Schinás, a demandé à l'Union européenne de radio-télévision (EBU) de motiver les raisons pour lesquelles celle-ci a interdit aux participants et aux spectateurs de brandir le drapeau européen lors du concours musical qui s'est déroulé le week-end dernier à Malmö.
« Moins d'un mois avant les élections européennes et en période de turbulences géopolitiques, alors que l'UE est la cible d'acteurs malveillants et autoritaires, la décision d'EBU a contribué à discréditer un symbole qui rassemble tous les Européens », a-t-il déploré dans une lettre adressée à la présidente de l'EBU, la Française Delphine Ernotte Cunci, lundi 13 mai.
Il souligne « le contraste » d'une telle interdiction avec le feu vert des organisateurs de Paris 2024 au déploiement du drapeau européen lors des prochains jeux olympiques.
Présente mardi 14 mai à Bruxelles, la ministre française des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a confirmé « la présence du drapeau de l'UE aux côtés du drapeau français sur tous les sites de compétitions olympiques et paralympiques et au cœur du village des athlètes ».
Voir la lettre de M. Schinas : https://aeur.eu/f/c7f
Même son de cloche au Parlement européen, où quatorze élus des groupes PPE, S&D, Renew Europe et La Gauche, emmenés par Domènec Ruiz Devesa (S&D, espagnol), estiment que « censurer le drapeau européen prive les participants et les citoyens d'un symbole de leur communauté politique », dans un autre courrier également adressé à l'EBU, mardi.
Selon eux, invoquer « les tensions géopolitiques accrues » est difficile à comprendre, dans la mesure où le drapeau européen a pour but de rassembler les populations. Ils demandent en conséquence aux organisateurs de modifier les lignes directrices encadrant la tenue du concours.
Voir la lettre des eurodéputés : https://aeur.eu/f/c7g (Mathieu Bion)