Les ministres européens du Sport, réunis en Conseil mardi 14 mai à Bruxelles, ont discuté des stratégies pour donner un nouveau souffle au volontariat dans le sport, un secteur durement touché par la pandémie de Covid-19. Au cours de ce Conseil, présidé par le ministre-président de la Communauté française de Belgique, Pierre-Yves Jeholet, les États membres ont partagé leurs expériences et propositions afin de répondre aux deux questions qui leur ont été adressées pour discuter des problématiques potentielles concernant le bénévolat dans le sport.
D’une part, les ministres ont exploré les mesures pour encourager le bénévolat à différents niveaux. Ils ont reconnu une baisse généralisée du volontariat, exacerbée par la crise sanitaire, notant une réduction de la disponibilité et de l'enthousiasme pour le bénévolat, malgré son importance pour le sport à tous les niveaux, des grands événements internationaux aux activités locales.
Par ailleurs, les ministres ont discuté des bonnes pratiques et des expériences réussies au niveau local, régional et national pour améliorer la situation.
En outre, ils ont abordé les obstacles qui découragent le bénévolat, tels que les charges administratives et les contraintes de statut, et ont cherché des façons de les surmonter pour mieux engager les bénévoles.
Diverses formes de bénévolat
Pierre-Yves Jeholet a initié le débat en insistant sur la diversité des formes que peut prendre le bénévolat, de la logistique au soutien administratif. Il a souligné la nécessité d’intégrer des mesures pour encourager davantage le volontariat afin de garantir le développement sportif.
Ainsi, en Espagne, une législation mise en place en 2015 et actualisée en 2022 encadre le bénévolat dans le sport avec une approche participative et intergénérationnelle.
Initiatives locales
La Slovénie a rappelé que, selon une étude réalisée en 2021, 64% des organisations sportives en Slovénie dépendent fortement des bénévoles et que 95% d'entre elles nécessitent l'aide de bénévoles. Pour soutenir cet engagement volontaire, l'utilisation d'outils et de mesures au niveau local, régional et national pour faciliter l'enregistrement des données de travail des bénévoles ainsi que des programmes de formation et de mentorat visant à faciliter le recrutement et l'intégration de nouveaux bénévoles ont été mis en place. Pour valoriser et encourager le bénévolat, il a été suggéré que les employeurs qui soutiennent le bénévolat de leurs employés soient récompensés par des incitations fiscales.
Valorisation du bénévolat
En Irlande, le gouvernement a mis en œuvre des programmes spécifiques pour encourager le bénévolat parmi les communautés vulnérables. Le ministre irlandais, Thomas Byrne, a souligné : « Nous finançons plus d'une centaine de clubs et d'associations pour recruter des personnes volontaires en provenance de communautés vulnérables ou de recruter des personnes en situation de handicap ».
La France, représentée par Amélie Oudéa-Castéra, a plaidé pour la valorisation des compétences des bénévoles. « En France, nous avons lancé le service public lié à la validation d’acquis d’expérience, qui permet d'obtenir un diplôme rapidement grâce à la reconnaissance des compétences développées par les bénévoles dans le cadre de leurs activités », a expliqué la ministre française du Sport.
L'impact social du bénévolat dans le sport
L'importance du bénévolat dans la cohésion sociale et l'inclusion a été mentionnée à maintes reprises, chaque ministre reconnaissant le rôle des bénévoles comme piliers du sport et de la société, dans une période de relance post-pandémique, à la veille des prochains Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, où 45 000 volontaires sont attendus.
Sport auto-organisé et Plan de travail de l'UE pour le sport
Au cours de ce Conseil, les ministres européens du Sport ont approuvé des conclusions sur le sport auto-organisé, soulignant son rôle dans la promotion de modes de vie actifs et sains en Europe. Ils ont observé que de nombreux Européens, notamment les femmes, les personnes âgées et les groupes sociaux plus faibles sur le plan économique, ne respectent pas les directives de l'OMS sur l'activité physique.
Le Conseil a ainsi encouragé les États membres et la Commission à promouvoir le sport auto-organisé, qui peut réduire les barrières liées au temps, au coût et à l'accès aux infrastructures. Ils ont également adopté une résolution sur le Plan de travail de l'UE pour le sport, valable de juillet 2024 à décembre 2027, qui se concentre sur l'intégrité, les impacts socioéconomiques et durables du sport ainsi que sur l'augmentation de la participation sportive et l'activité physique améliorant la santé. (Nithya Paquiry)