Plusieurs ONG ont appelé le Parlement européen à rejeter la réforme du règlement Eurodac, la grande base européenne de données biométriques sur les migrants et demandeurs d’asile, le 10 avril prochain, lorsqu'il sera appelé à valider les accords trouvés sur le ‘Pacte asile et migration’ en session plénière (EUROPE 13350/11).
Dans cette lettre portée entre autres par EDRi, SOLIDAR, Privacy International, Statewatch ou Asylex et rendue publique le 24 mars, des juristes estiment que la réforme mettrait « en danger de nombreuses personnes que certains d'entre nous représentent dans le cadre de leur demande d'asile ou d'autres procédures et aggraverait les cas concrets de préjudices. Il s'agit notamment des refoulements, de la criminalisation injuste, de la surveillance excessive, de la coercition, de la détention arbitraire et des décisions administratives entachées d'irrégularités ».
L'un « des principaux objectifs de la réforme est d'établir des statistiques afin de prévoir les passages aux frontières et les schémas migratoires. Ces données pourraient être utilisées pour interdire, restreindre et empêcher l'accès aux procédures de protection internationale, en violation du droit de demander l'asile et du principe de non-refoulement ».
Eurodac pourra aussi permettre des pratiques discriminatoires et illégales de profilage ethnique et racial, selon les ONG.
Liens vers la lettre : https://aeur.eu/f/bhp ; https://aeur.eu/f/bhq (Solenn Paulic)