Les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE, réunis jeudi 21 mars à Bruxelles, ont appelé à une « pause humanitaire immédiate menant à un cessez-le-feu durable, à la libération inconditionnelle de tous les otages et à l'apport d'une assistance humanitaire », exhortant par ailleurs Israël à s'abstenir d'une opération militaire sur Rafah où un million de civils sont amassés en quête d'une assistance alimentaire.
Reconnaissant le droit de l'État hébreu à se défendre « conformément au droit international », et condamnant, à nouveau, les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre, le Conseil européen a invité le Conseil de l'UE à accélérer les travaux sur l'adoption de nouvelles mesures restrictives pertinentes à l'encontre du Hamas.
« Les Palestiniens et les Palestiniennes sur place sont utilisés comme boucliers par le Hamas. Il y a ainsi de nombreuses victimes civiles qui pourraient être évitées si le Hamas déposait immédiatement les armes et libérait tous les otages », a déclaré le chancelier autrichien, Karl Nehammer.
Alors que la famine menace plus de 1,1 million de Gazaouis, « le nombre le plus élevé jamais enregistré » par l’Organisation des Nations Unies (ONU), le Conseil européen a fait part de sa « consternation » concernant les « pertes sans précédent de vies civiles ». Il s'est dit « profondément préoccupé » par la « situation humanitaire catastrophique » à Gaza, et ses « effets disproportionnés sur les civils, en particulier les enfants ».
Un million d’enfants auraient été déplacés, plus de 30 000 enfants blessés ou tués, tandis que des milliers d'autres sont toujours portés disparus, selon la Présidence belge du Conseil de l’UE, qui avait appelé, avec la Commission européenne, mercredi 20 mars, à une « action urgente » pour garantir le respect des droits des enfants palestiniens à Gaza et en Cisjordanie et renforcer l'action humanitaire fondée sur le droit international (EUROPE 13375/18).
Acheminement de l'aide humanitaire. Les dirigeants de l'UE ont demandé un « accès humanitaire complet, rapide, sûr et sans entraves dans la bande de Gaza et dans l'ensemble de celle-ci par toutes les routes possibles » afin de fournir une assistance vitale à la population civile.
En outre, ils ont salué l'ouverture d'une route maritime depuis Chypre (EUROPE 13369/3), qui « complémente » les voies terrestres d'acheminement de l'aide humanitaire.
Jeudi, Chypre a réuni 36 pays, ainsi que des représentants d’agences de l’ONU et d’organisations humanitaires afin d’élaborer des moyens d’acheminer davantage de vivres par voie maritime, d’organiser la distribution des cargaisons à Gaza et de financer les opérations.
Le Président chypriote, Nikos Christodoulides, a exprimé sa satisfaction quant aux engagements financiers obtenus à la réunion, a indiqué l’AFP. « L'Union européenne devrait contribuer, en versant la première tranche du fonds, à hauteur d'environ 70 millions d'euros », a-t-il déclaré, soulignant également une promesse de 10 millions d'euros de la part des Pays-Bas.
Un petit navire humanitaire de l'ONG 'Open Arms' avait quitté le port de Larnaca, mardi 12 mars, et avait mis trois jours pour atteindre l’enclave palestinienne (EUROPE 13369/3). Depuis, un deuxième bateau, nommé 'Jennifer', attend les conditions météorologiques adéquates pour mettre le cap sur Gaza.
UNRWA. Les chefs d'État ou de gouvernement sont revenus, notamment lors de leur déjeuner avec le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, sur l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Ils ont souligné que les services fournis par l'UNRWA étaient « essentiels » et « (pris) note » des récentes mesures et du soutien financier apportés par l'UE.
Lien vers les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/bh4 (Bernard Denuit avec la rédaction)