Les ministres des Finances des pays du G20 ont abordé la question de la taxation des grandes fortunes (EUROPE 13329/27), lors d'une réunion à São Paulo, jeudi 29 février. Le ministre brésilien, Fernando Haddad, et le ministre français, Bruno Le Maire, en particulier, ont défendu l’idée d’une troisième pilier de l’accord OCDE.
« Malgré les progrès récents, il est indéniable que les milliardaires du monde entier continuent d'échapper à nos systèmes fiscaux par le biais de diverses stratégies », a déploré M. Haddad dans son discours. Il a évoqué le dernier rapport de l'Observatoire européen de la fiscalité sur l'évasion fiscale, qui montre que les milliardaires paient un taux d'imposition effectif équivalent à 0 à 0,5% de leur fortune (EUROPE 13277/20).
« Chers collègues, je me demande sincèrement comment nous, ministres des Finances du G20, pouvons laisser perdurer une telle situation. Si nous agissons ensemble, nous avons la capacité de faire en sorte que ces quelques individus apportent leur contribution à nos sociétés et au développement durable de la planète », a-t-il affirmé.
« L'imposition internationale du patrimoine devrait constituer un troisième pilier de notre programme de coopération fiscale internationale », a-t-il conclu. Pour en discuter, il a invité l’économiste Gabriel Zucman à présenter sa proposition de taxation des super-riches.
De son côté, Bruno Le Maire avait assuré la veille, en conférence de presse, qu’il allait s’engager « avec beaucoup de force » sur ce nouvel objectif. « Nous voulons éviter cette optimisation fiscale et nous voulons le faire au niveau international parce que c'est la seule façon efficace », a-t-il estimé. Il veut que l'Europe porte cette idée de taxation minimale des individus le plus rapidement possible et que la France soit en pointe sur ce sujet. (Anne Damiani)