Les eurodéputés ont dénoncé, mercredi 28 février à Strasbourg, la persistance des accidents sur les lieux de travail, parfois mortels, et ont appelé l’UE à redoubler d’efforts pour empêcher les morts au travail.
Les élus réagissaient au fait divers tragique du 16 février à Florence, en Italie, où cinq ouvriers ont trouvé la mort sur un chantier de construction d'un supermarché.
Lors de leur débat avec la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, qui remplaçait le commissaire Nicolas Schmit, les élus ont en particulier pointé des défaillances dans la sous-traitance et le manque d’inspections du travail.
Certains élus ont aussi mis en avant le fait que certains de ces ouvriers étaient des migrants sans papiers, se retrouvant dans une situation encore plus précaire.
« Cela n’aurait jamais dû arriver, il est inacceptable que des travailleurs meurent sur leur lieu de travail », a déclaré la commissaire, indiquant que le nombre de ces accidents a cependant baissé ces dernières années. Mais « le secteur de la construction a le taux le plus élevé d’accidents mortels » - près de 20% des accidents de travail surviennent dans ce secteur.
La commissaire a rappelé l’ambition de la Commission pour une politique de « zéro » mort au travail et a souligné les chantiers législatifs accomplis sur la santé et la sécurité au travail (avec de nouvelles directives sur l’exposition à l’amiante ou au plomb) ou encore la campagne lancée en début d’année par l’Agence européenne de santé et sécurité au travail à destination des États membres pour renforcer la sensibilisation.
Dans l’hémicycle, un certain nombre d’élus ont demandé à la Commission une vigilance accrue sur la sous-traitance et l’externalisation du travail, le député allemand Dennis Radtke (PPE) se demandant ainsi si la directive actuelle de 1989 (89/391/CEE) sur la mise en œuvre de mesures pour promouvoir la sécurité et la santé des travailleurs est « suffisante ».
L'élu belge Marc Botenga (La Gauche), quant à lui, a appelé la Commission à présenter une directive « sur la sous-traitance », devenue un « business model » pour les entreprises pour ne pas octroyer les mêmes droits à tous les travailleurs.
Selon Eurostat, 3 millions d’accidents du travail avaient été enregistrés dans l’UE en 2021 et 3 350 travailleurs avaient trouvé la mort.
La France fait partie des mauvais élèves européens, avec 674 décès considérés comme accidents du travail recensés en 2021. Suivaient l’Italie (601 décès) et l’Allemagne (435).
Le nombre d'accidents mortels pour 100 000 travailleurs variait en 2021 de moins de 1,0 aux Pays-Bas, en Grèce, en Finlande, en Suède et en Allemagne à plus de 3,0 pour 100 000 employés en Roumanie, en France, à Malte, en Lituanie et en Lettonie.
Les secteurs de la construction, des transports et de la logistique, de l'industrie manufacturière, de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche représentaient environ deux tiers (65,5%) de tous les accidents du travail mortels en 2021 et près de la moitié (45,7%) de tous les accidents du travail non mortels. (Solenn Paulic)