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Bulletin Quotidien Europe N° 13354
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat/Énergie

Le président de la COP28 estime que le financement pour la transition climatique doit être rendu « disponible, accessible et abordable, en particulier pour les pays du Sud »

Lors d’une table ronde de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) consacrée à la mise en œuvre des engagements de la COP28 (EUROPE 13313/16), mardi 20 février à Paris, le président de cette COP, Sultan Ahmed Al-Jaber, a insisté sur la nécessité de débloquer les financements nécessaires pour favoriser la transition énergétique et mettre en œuvre les engagements internationaux.

« Le principal facteur de changement positif à la vitesse et à l'échelle requises, c'est tout simplement le financement (…) et nous avons besoin de financements à tous les niveaux », a-t-il déclaré.

« La prochaine COP (à Bakou) a pour mandat de fournir un nouvel objectif collectif et quantifiable (....). Le monde doit placer la barre plus haut pour relever le défi auquel nous sommes confrontés. Nous devons penser en billions, et non en milliards », a-t-il poursuivi.

Il a ainsi expliqué que toutes les sources de financement possibles devaient être mobilisées, mais qu’il était plus que nécessaire de stimuler le financement privé, « seul catalyseur de succès », via des politiques et des mesures d’incitation de la part des gouvernements.

Plus largement, « nous avons besoin de nouveaux modèles de financement mixte, qui tirent parti de fonds concessionnels, catalytiques et d'investissement pour garantir que les progrès en matière de climat s'étendent pleinement aux pays du Sud et aux marchés émergents », a-t-il ajouté.

Le président de l’AIE, Fatih Birol, s’est interrogé lui aussi sur la façon dont « un mécanisme financier créatif » peut être mis en place pour soutenir la transition vers l'énergie propre dans les pays en développement.

« L'année dernière, le total des investissements dans les énergies propres dans le monde s'est élevé à 1,8 billion de dollars américains (contre 1 billion de dollars pour les investissements dans les combustibles fossiles) ; est-ce suffisant pour atteindre nos objectifs en matière de climat ? Mais surtout, seuls 15% de ces 1 800 milliards ont été réalisés dans les pays émergents et en développement », a-t-il déploré.

Sultan Al-Jaber a rappelé que la COP avait mobilisé 85 milliards de dollars en nouvelles promesses et engagements de la part de sources multiples et s’est félicité du lancement d’Altérra, fonds d'investissement de 30 milliards de dollars lancé par les Émirats arabes unis pour des partenariats en matière de climat lors de la COP28.

« Altérra part de l'idée que la résolution du défi climatique n'est pas un fardeau, mais plutôt une occasion unique de réorienter les économies vers un avenir à faible émission de carbone et à forte croissance », a-t-il expliqué, ajoutant que des véhicules financiers de ce type devaient être répliqués à l’avenir, tout en poursuivant, en parallèle, la construction d’une architecture financière mondiale adéquate pour stimuler les investissements privés dans différentes régions du monde.

« Le financement de la lutte contre le changement climatique doit être rendu disponible, accessible et abordable, en particulier pour les pays du Sud et les marchés émergents », a-t-il conclu. (Pauline Denys)

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