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Bulletin Quotidien Europe N° 13328
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Les ministres européens de l’Environnement entament les discussions sur une réduction de plus de 90% des émissions d’ici 2040

Les ministres européens de l‘Environnement et du Climat se sont retrouvés pour une première journée de réunion informelle sous Présidence belge du Conseil de l'UE, lundi 15 janvier, afin d’entamer les discussions sur l’évaluation des risques en matière d’adaptation au changement climatique (voir autre article), la transition juste et l’objectif de réduction des émissions à l’horizon 2040.

 « Nous sommes impatients de revenir aujourd'hui sur l'impulsion lancée par la COP28, de réfléchir dès à présent aux deux prochaines COP, sur ce que l'Europe doit faire pour être plus ambitieuse (...) et aussi comment fournir le financement nécessaire pour y parvenir », a expliqué le ministre irlandais de l’Environnement et du Climat, Eamon Ryan, à son arrivée au Palais d'Egmont à Bruxelles.

Les ministres européens ont effectivement abordé pour la première fois depuis la Conférence à Dubaï en décembre dernier (EUROPE 13313/16) les ambitions climatiques de l’UE pour les années à venir.

Ces ambitions sont gouvernées par l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Les premières discussions informelles entre ministres de l’Environnement visent à définir l’objectif intermédiaire de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040, qui devrait faire l'objet d'une évaluation par la Commission le 6 février. 

Objectif 2040

Un objectif d’au moins 90% de réduction des émissions par rapport à 1990 a été présenté par le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, en octobre dernier (EUROPE 13281/14), pour poursuivre l’effort de 55% de réduction acté d’ici 2030. 

Pour des pays comme l’Allemagne, il faut viser au-delà de 90% en 2040. 

« La Cour constitutionnelle allemande a elle-même imposé des objectifs stricts à l'Allemagne. Si l'on fait un calcul net, cela correspond à un objectif de réduction de 91% d'ici 2040. C'est aussi le critère avec lequel nous envisageons l'objectif européen », a détaillé e, ce sens Sven Giegold, secrétaire d'État allemand à l'Économie et à l'Action climatique. 

Pour le ministre bulgare, Julian Popov, cette ambition peut aller au-delà de 90%, non seulement pour des raisons climatiques, mais aussi pour renforcer la compétitivité européenne. « Nous disposerons ainsi d'un objectif qui renforcera indéniablement la compétitivité européenne », a-t-il affirmé.

L'enjeu de la compétitivité européenne

M. Popov a insisté, de fait, sur l'importance de relier les objectifs climatiques à la compétitivité européenne. « Les gens pensent que, si notre ambition est moindre, nous serons plus compétitifs, mais ce n'est tout simplement pas vrai », a-t-il expliqué, en soulignant que les technologies modernes liées à la transition verte sont dominées par la Chine.

Pour lui, une solution alliant un objectif de réduction de plus de 90% à un développement technologique rapide se traduirait par un avantage compétitif.

« Nous devons expliquer que la plus grande ambition est très clairement liée à la compétitivité européenne », a-t-il affirmé, soulignant l'importance d'impliquer l'industrie dans ces discussions pour éviter les malentendus autour du 'Pacte vert européen'. Il s’agirait aussi d'atténuer les appels de certains États et députés européens à une « pause réglementaire » dans les législations environnementales (EUROPE 13181/9). 

La secrétaire d’État  aux Affaires environnementales et à l'Économie circulaire de la Hongrie, Anikó Raisz, quant à elle, s'est montrée plus sur la retenue concernant cet objectif : « Nous sommes d'avis que des résultats réalistes doivent être obtenus pour 2040. (...) L'équilibre est la question clé, car de bons résultats ne peuvent être atteints que si tout le monde y participe ».

Transition juste 

Pour la secrétaire d'État au ministère polonais du Climat et de l'Environnement, Urszula Sara Zielińska, il est primordial d'atteindre l’objectif de 90%. « Si cet objectif est accepté, nous insisterons en même temps sur la nécessité d'aider des pays comme la Pologne et de nombreux autres pays d'Europe centrale et orientale à s'occuper du volet social de la réalisation de cet objectif ». 

Elle a rappelé ainsi l’importance accordée à la notion de « transition juste », l’une des priorités de la Présidence belge du Conseil ayant également fait l’objet de discussions entre ministres lors de cette première journée de réunion informelle. 

Dans le cas de pays comme la Pologne, « nous devons nous assurer que la transition des pays basés sur le charbon, comme le mien, est une transition juste. Nous ne pouvons pas laisser les gens de côté », a ajouté la secrétaire d’État polonaise. (Nithya Paquiry et Pauline Denys)

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