« Avec cet engagement mondial, nous avons construit une coalition large et forte de pays engagés dans la transition vers une énergie propre (...). Nous sommes unis par notre conviction commune que, pour respecter l’objectif de 1,5°C de l’Accord de Paris, nous devons éliminer progressivement les combustibles fossiles ». Au deuxième jour de la COP28, consacré aux déclarations politiques, lors du Sommet mondial d'action pour le climat, le 2 décembre à Dubaï, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a lancé, avec la présidence de la COP et 118 pays, l'engagement mondial en faveur des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique ('Global Pledge on Renewables and Energy Efficiency').
Il s’agit d’un plan visant à tripler la capacité installée d'énergies renouvelables à au moins 11 térawatts d'ici 2030 et à doubler le taux d'amélioration de l'efficacité énergétique mondiale à environ 4%, par an.
Pour appuyer cet engagement, qui s'aligne sur les objectifs européens (EUROPE 13273/5), l'UE a promis un investissement substantiel de 2,3 milliards d'euros sur deux ans. L'Union européenne prévoit également d'utiliser son programme 'Global Gateway', qui se concentre sur la création de partenariats internationaux équitables, durables et de haute qualité, en particulier avec les pays en développement, pour soutenir la transition énergétique. Elle travaillera en outre avec des institutions financières clés, comme la Banque européenne d'investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
L’engagement mondial, proposé pour la première fois en avril dernier par la présidente de la Commission lors du Forum des économies majeures, avec le soutien de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et de l'Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), a été bâti en étroite coopération avec la présidence de la COP28.
En juin 2023, la présidente von der Leyen et le président controversé de la COP28, le Sultan Al-Jaber, se sont rencontrés à Bruxelles pour travailler ensemble à conduire une transition énergétique juste à l'échelle mondiale. Ce dernier, également patron de la compagnie pétrolière émiratie Adnoca, a été contraint de clarifier sa position sur la question des énergies renouvelables, lundi 4 décembre, lors d'une conférence de presse. Il a reconnu, comme le rapporte l’Agence France-Presse, que la réduction et le retrait des énergies fossiles étaient « inévitables », sans toutefois trancher entre les deux approches actuellement débattues à Dubaï – soit la « sortie », soit la « réduction » du pétrole, du gaz et du charbon.
De son côté, l'UE appelle à des actions concrètes pour éliminer progressivement les combustibles fossiles des systèmes énergétiques mondiaux, en mettant l'accent sur le charbon. Elle espère que cette position sera reflétée dans la décision finale de la COP28. Parallèlement, la Commission européenne encourage d'autres pays donateurs à emboîter le pas et à accélérer la mise en œuvre de l'engagement mondial en faveur des renouvelables. (Nithya Paquiry)