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Bulletin Quotidien Europe N° 13282
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

L’UE et les États-Unis travaillent au renforcement des mesures contre le Hamas

Les États européens et les États-Unis se coordonnent afin de bloquer les ressources financières du Hamas, a expliqué le secrétaire adjoint américain au Trésor, Wally Adeyemo, à un petit groupe de journalistes, dont EUROPE, lundi 30 octobre à Bruxelles.

« Je suis en Europe cette semaine pour parler de la coordination avec nos alliés européens de la réponse financière à l'assassinat brutal par le Hamas de plus de 1 400 Israéliens le 7 octobre et aux activités continues que le Hamas entreprend pour s'en prendre à l'État d'Israël », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il discutait avec les Européens de ce qui pouvait être fait à l'aide d'outils financiers tels que les sanctions. 

M. Adeyemo a également mis en avant la coalition anti-Hamas proposée par le président français, Emmanuel Macron. « Je me concentre sur les aspects financiers de cette coalition et sur la manière dont nous pouvons construire une coalition qui nous permettra d'empêcher le Hamas d'obtenir l'argent dont il a besoin pour mener son combat injustifiable contre l'État d'Israël », a-t-il précisé.

Selon un haut fonctionnaire du Trésor américain, l'UE, en collaboration avec les États-Unis et d'autres membres de la communauté internationale, peut faire beaucoup pour s'attaquer financièrement au Hamas. « Le Hamas n'est pas un représentant du peuple palestinien. À bien des égards, il prend ce peuple en otage, l'utilise comme bouclier humain, mais crée également des organisations caritatives qu'il utilise pour tenter de dissimuler la nature de son financement », a-t-il expliqué. Selon ce haut fonctionnaire, l’UE, les États-Unis, et le Royaume-Uni doivent s’attaquer à ces entités et couper l'accès du Hamas à son financement.

Il a estimé qu’il fallait aller vite, rappelant qu’après le 7 octobre, le Hamas avait lancé une campagne de relations publiques pour tenter de collecter de l'argent. « Nous devons agir rapidement pour montrer aux gens qu'il est inutile d'essayer de financer ces groupes », a-t-il souligné.

Interrogé sur les fonds dont bénéficie le Hamas, le haut fonctionnaire du Trésor américain a estimé que l’attaque du 7 octobre n'était pas une attaque très sophistiquée et coûteuse, ajoutant que les missiles utilisés par l’organisation terroriste avaient été accumulés au fil des ans. « La plupart des actes de violence ont été commis par des personnes qui ont franchi des clôtures, emprunté des tunnels, utilisé des armes à feu et des couteaux pour s'en prendre à des personnes et les terroriser en personne. Il s'agit donc de millions (d’euros, NDLR), et non de milliards », a estimé ce haut fonctionnaire.

Les États-Unis ont adopté, vendredi 27 octobre, une deuxième série de sanctions à l'encontre du Hamas. Le haut fonctionnaire a précisé que les États-Unis travaillaient en étroite collaboration avec le Qatar et d'autres pays du Conseil de coopération du Golfe pour lutter contre le financement du terrorisme. « Il s'agit de travailler avec les pays de la région pour qu'ils appliquent nos sanctions, mais aussi pour qu'ils fassent appel à leurs autorités chargées de l'application de la loi pour s'attaquer aux financiers (du Hamas, NDLR) ou aux différents réseaux qui peuvent exister dans la région », y compris en Iran, a-t-il précisé.

Interrogé sur la coopération UE/États-Unis contre le Hamas, le Service européen pour l’action extérieure préparait, à l’heure de notre bouclage, ses réponses à nos questions.

Les États membres se divisent aux Nations Unies

Vendredi 27 octobre en soirée, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, par 121 voix pour, 14 contre et 44 abstentions, une résolution demandant une « trêve humanitaire immédiate, durable et soutenue, menant à la cessation des hostilités » à Gaza et priant instamment toutes les parties de s’acquitter immédiatement et pleinement des obligations que leur impose le droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme.

Les États membres se sont divisés lors du vote, 8 ont voté pour, 15 se sont abstenus et 4 ont voté contre. Ainsi, la Belgique, l’Irlande, la France, le Luxembourg, Malte, le Portugal, la Slovénie, l’Espagne ont voté pour ; la Bulgarie, Chypre, l’Estonie, l’Italie, l’Allemagne, la Grèce, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, les Pays-Bas, la Slovaquie, la Suède et le Danemark se sont abstenus et l’Autriche, la Croatie, la République tchèque et la Hongrie ont voté contre.

Voir la résolution : https://aeur.eu/f/9bx

De son côté, le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, a estimé qu’une pause dans les hostilités était « nécessaire de toute urgence » pour permettre l'accès de l'aide humanitaire. Sur X (anciennement Twitter), il a estimé que la situation « désespérée » de la population de Gaza allait « à l'encontre du droit international humanitaire ». (Camille-Cerise Gessant)

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