L’Autriche a proposé, dans un document officieux (‘non-paper’) daté du 25 septembre, un plan d’action pour définir des étapes concrètes afin d’avancer sur ‘l’intégration progressive’ des pays des Balkans occidentaux dans l'UE. Le sujet sera discuté à Grenade le 6 octobre prochain, lors de la réunion informelle des chefs d'État ou de gouvernement.
Concrètement, le document, conjointement proposé par le ministre autrichien des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, et la ministre de l’Europe, Karoline Edtstadler, propose d’augmenter la participation formelle des États des Balkans occidentaux aux réunions du Conseil en s’appuyant sur « l’exemple de l’invitation régulière de l’Ukraine aux Conseils des Affaires étrangères ». Certaines réunions informelles du Conseil devraient également être ouvertes aux six États de la région.
Les ressortissants des pays des Balkans occidentaux, toujours en suivant l’exemple ukrainien, devraient eux aussi pouvoir être accueillis en stage dans les institutions de l’UE.
Par ailleurs, le document autrichien propose que des réunions informelles du Conseil aient lieu dans les pays des Balkans occidentaux. Il faudrait également, indique le document, « explorer les options pour une plus grande implication informelle des Balkans occidentaux dans les forums de l’UE » ainsi qu'au PE, au Comité économique et social européen ou au sein des groupes de travail sur les questions relatives à plusieurs domaines, tels que l’énergie, l’éducation ou encore le climat.
Vienne propose aussi que des sommets UE/Balkans occidentaux aient lieu annuellement.
Un coordinateur spécial pour l'intégration progressive au sein du Secrétariat général de la Commission pourrait également être nommé et des ‘points d’accès uniques’ pourraient être créés au sein des Directions générales de la Commission.
En outre, le ‘non-paper’ proposé par Vienne dresse une liste de domaines dans lesquels l’intégration progressive pourrait être mise en œuvre, comme le marché unique, le commerce et les douanes, le climat, les transports, la santé, la justice, la migration ou encore l’éducation.
Une approche déjà défendue par certains
L'intégration progressive des pays des Balkans occidentaux faisait déjà partie de l'approche défendue par la Commission, lorsqu'elle avait présenté la mise à jour de sa méthodologie concernant l'élargissement en 2019.
L’Autriche, pour sa part, avait déjà présenté, en mai 2022, une première proposition relative à l’intégration progressive des pays des Balkans occidentaux dans l’UE.
Les dirigeants des pays des Balkans occidentaux avaient estimé, le 11 septembre dernier à Skopje, dans le cadre du processus de Brdo Brijuni (EUROPE 13248/29), que l'intégration progressive pourrait permettre aux citoyens de la région de « bénéficier d'avantages et de possibilités tangibles avant même l'adhésion officielle » à l’UE.
Quelques jours plus tôt, le 28 août, lors du Forum stratégique de Bled, le président du Conseil européen, Charles Michel, avait insisté sur le besoin que l’Europe soit préparée, « d’ici 2030 » à un élargissement. Il avait notamment estimé que le prochain budget à long terme de l’UE devrait, par conséquent, inclure les objectifs communs entre l’UE et ses futurs membres (EUROPE 13237/8).
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/8ta
Voir les propositions : https://aeur.eu/f/8tb (Thomas Mangin)