Les ministres européens responsables de la Politique de cohésion ont estimé, vendredi 29 septembre, lors d'une réunion informelle à Murcie, en Espagne, que la politique de cohésion post-2027 devait être « plus flexible ».
La secrétaire générale espagnole des fonds européens, Mercedes Caballero, qui a présidé la réunion, a précisé que les ministres avaient discuté de la manière de rendre plus flexible la programmation de la politique de cohésion, de manière à ce que les actions mises en œuvre tiennent compte des « particularités » de chaque région.
Il faut aussi, d'après la responsable espagnole, renforcer la capacité en matière de gestion pour répondre à des crises différentes.
« La politique de cohésion a aussi son propre objectif de convergence à long terme », a ajouté Mme Caballero. Elle a indiqué que la Présidence espagnole du Conseil de l’UE allait tenter de faire adopter des conclusions sur la politique de cohésion post-2027 lors du Conseil des Affaires générales du 30 novembre.
Elle a également évoqué le besoin prendre en compte un nouvel ensemble d’indicateurs (par exemple d’Eurostat) pour la politique de cohésion 2.0, une idée qui figure dans le document de travail de la Présidence espagnole, soumis aux ministres pour cette discussion. Pour Mercedes Caballero, la politique de cohésion doit aussi contribuer à l’autonomie stratégique de l’UE, surtout dans le contexte géopolitique actuel.
La commissaire à la Politique de cohésion, Elisa Ferreira, a estimé que « la méthode est très importante. La politique de cohésion doit rester axée sur les spécificités de chaque région », a-t-elle déclaré. Elle a évoqué aussi les apports de la « démocratie locale ». Parmi les changements à apporter à cette politique, la commissaire a cité la simplification des règles (notamment de versement des fonds aux bénéficiaires) et le besoin de rendre cette politique plus flexible. Le financement européen constitue une partie de la solution, mais il faut réfléchir aussi au problème des « pièges au développement » (des régions qui ne progressent plus au-delà d'un certain seuil), a précisé Mme Ferreira.
Interrogée sur l'idée de nouveaux indicateurs, la commissaire a dit qu'il s'agissait d'idées de la Présidence espagnole. La répartition des fonds de cohésion inclut déjà d'autres indicateurs que le PIB, a-t-elle rappelé. Et la commissaire de lancer une mise en garde : il faudra réfléchir à de nouveaux indicateurs, tout en « évitant d'ouvrir une boîte de Pandore, qui ne pourra plus être refermée ».
Le document de travail espagnol souligne le besoin de « réformer la politique de cohésion de l'UE et de l'adapter à la nouvelle réalité géopolitique, sociale et économique des différentes régions de l'Union ». À cette fin, la coexistence de cette politique avec la ‘Facilité pour la reprise et la résilience’ au cours des derniers mois « nous permet sans aucun doute d'explorer les leçons tirées de deux instruments qui ont été cruciaux pour la convergence : la croissance et le bien-être dans l'Union », indique la Présidence espagnole.
Le débat se focalise donc sur la manière d'équilibrer la coexistence de réformes ou d'investissements majeurs au niveau des États, avec une attention particulière accordée aux différentes réalités de chaque région, au-delà de leur PIB relatif par habitant. « Ceci afin de progresser vers l'objectif fondamental du développement harmonieux des régions, inscrit à l'article 174 du Traité sur le fonctionnement de l'UE », conclut le document.
Raffaele Fitto, le ministre italien, a rappelé la priorité que représente la politique de cohésion pour l'Italie et la nécessité de la défendre et de la préserver. « Comme vous le savez, il y a un débat sur la capacité de l'Union à absorber de nouveaux membres et la politique de cohésion sera certainement l'un des aspects qui seront discutés », a-t-il dit.
Le président du Comité européen des régions, Vasco Alves Cordeiro, a présenté ses idées sur l'avenir de cette politique (EUROPE 13258/3).
Lien vers le document de travail espagnol : https://aeur.eu/f/8st (Lionel Changeur)