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Bulletin Quotidien Europe N° 13238
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres/dÉfense

Ukraine et Niger au cœur des discussions des réunions ministérielles informelles de la Défense et des Affaires étrangères

Les ministres européens de la Défense, puis leurs homologues des Affaires étrangères se retrouvent mercredi 30 et jeudi 31 août à Tolède (Espagne) avec un agenda quasi identique portant sur la guerre en Ukraine et la situation au Niger.

« C'est une réunion très importante, dans le contexte de la guerre en Ukraine. Nous voulons aborder d'autres questions, comme la situation au Sahel après le coup d'État au Niger », a expliqué la ministre de la Défense espagnole par intérim, Margarita Robles, dans un communiqué.

La ville de Tolède n’a pas été choisie par hasard pour accueillir la réunion. En effet, l'Académie d'infanterie de Tolède forme et entraîne des soldats ukrainiens. Sur les 3 000 soldats que l’Espagne va former cette année, près de 80% le seront à Tolède.

Ainsi, mercredi, les ministres de la Défense discuteront de l’agression russe de l’Ukraine avec le ministre de la Défense ukrainien, Oleksii Reznikov, et de l’impact régional et mondial de cette agression avec des représentants de l’OTAN et des Nations Unies.

Les ministres pourraient se pencher particulièrement sur le renforcement de la 'Facilité européenne pour la paix'. Ils devraient ainsi poursuivre la discussion tenue par les ministres des Affaires étrangères lors de leur Conseil du 20 juillet (EUROPE 13227/2) sur la possibilité de créer une section spécifique dans le cadre de la 'Facilité européenne pour la paix' (FEP) afin de fournir jusqu'à 5 milliards d'euros par an au cours des quatre prochaines années pour répondre aux besoins de l'Ukraine en matière de défense.

Si, lors de cette discussion, la ministre française, Catherine Colonna, avait précisé ne pas avoir entendu de dissension, la Hongrie reste prudente concernant la FEP. Budapest bloque toujours une 8e tranche de 500 millions d'euros du fonds pour l’Ukraine et, lors d’un discours, le 26 août, le ministre hongrois, Péter Szijjártó, avait estimé à demi-mot que depuis le début de la guerre, les Européens avaient pris des mesures qui avaient pu prolonger la guerre ou contribuer à la mort de personnes supplémentaires.

« Nous (Hongrois, NDLR) n’avons rien fait qui puisse mettre quiconque dans le monde plus en danger à cause de l’une de nos actions. (...) Et malheureusement, en Europe, aujourd'hui, disons-le par euphémisme, tout le monde ne peut pas dire cela de lui-même », a-t-il souligné dans un discours. Selon lui, « chaque arme livrée à nos voisins signifie plus de morts ». « C’est pourquoi je pense qu’il est temps d’en parler clairement. Appelons chacun à cesser d’alimenter les risques d’escalade et à cesser d’expédier des armes à notre voisin, car cela ne fera qu’engendrer des troubles qui ne feront qu’engendrer davantage de morts », a ajouté M. Szijjártó.

Jeudi, les ministres discuteront une nouvelle fois de l’agression russe, mais davantage sous l’angle diplomatique, et notamment de la formule de paix ukrainienne et de la sensibilisation internationale diplomatique à cette guerre durant l’Assemblée générale des Nations unies, qui se tiendra fin septembre à New York. Ils s'entretiendront une nouvelle fois avec leur homologue ukrainien, Dmytro Kuleba.

En juillet, Josep Borrell avait réaffirmé le soutien de l’UE à la formule de paix de l'Ukraine. « Nous considérons qu'il s'agit de la seule base globale pour parvenir à une paix juste et durable. Et, sur ce point, l'Ukraine devrait être aux commandes », avait-il expliqué. L’UE, de son côté, est prête à soutenir Kiev.

Le Haut Représentant de l’UE souhaiterait organiser une réunion à ce sujet, au plus haut niveau, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies (EUROPE 13234/6).

Débat sur la situation au Niger

Au lendemain de la réunion des ministres européens de la Défense, les ministres des Affaires étrangères discuteront, eux aussi, de la situation préoccupante au Sahel, et en particulier au Niger, dernier pays en date à avoir connu, le 26 juillet, un coup d’État militaire, après le Mali et le Burkina Faso.

Les perspectives s’amenuisent de voir rétablir dans ses fonctions le président élu, Mohamed Bazoum, comme le réclament l’UE et la CEDEAO (Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest) dans ce pays africain que l’UE considérait comme un partenaire stratégique clé pour la stabilisation du Sahel et pour l’approvisionnement énergétique, avant que le coup d’État militaire ne change la donne (EUROPE 13053/17). Le Niger était aussi un partenaire clé de l’UE pour la gestion des migrations.

Les ministres devraient échanger sur les risques croissants de déstabilisation du Sahel et les derniers développements de la crise nigérienne. La CEDEAO, qui avait menacé d’intervenir militairement, considérait, vendredi 25 août, que cette option était toujours d’actualité, avec sa force en attente. Une option à laquelle s’oppose l’Algérie et dont le Burkina Faso et le Mali considèrent qu’elle s’apparenterait à « une déclaration de guerre ».

Les ministres devraient exprimer leur soutien à l’ambassadeur français dont l’Élysée refuse le départ de Niamey, sans obtempérer à la demande qui avait été faite à ce dernier, le 25 août, par le ministère nigérien des Affaires étrangères, de quitter le Niger dans les 48 heures (voir autre nouvelle).

Ils pourraient discuter d’éventuelles sanctions envers les putschistes, dont l’UE ne reconnaît pas la légitimité à la tête du pays (EUROPE 13234/24). L’UE soutient le blocus économique et financier qu’a imposé la CEDEAO au Niger et a suspendu toute coopération militaire ainsi que son aide au développement au pays, tout en poursuivant son aide humanitaire (EUROPE 13236/6).

Mardi 29 août, le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (UNHCR) a fait part de « ses profondes préoccupations face à la détérioration rapide des perspectives humanitaires du Niger », en évoquant notamment les attaques répétées de la part de groupes armés non étatiques qui se poursuivent, en particulier près des frontières du Mali et du Burkina Faso, et les sanctions de la CEDEAO dans ce pays pauvre qui accueille beaucoup de réfugiés libyens.

« Les prix des denrées alimentaires et des produits de base, qui avaient déjà grimpé avant cette crise, ont bondi après l’introduction des sanctions et semblent devoir continuer à augmenter, car la fermeture des frontières avec les pays de la CEDEAO rendra les denrées alimentaires et autres produits de base plus rares », avertissait le représentant du UNHCR à Niamey, Emmanuel Gignac, dans un communiqué. Et d’appeler à une action humanitaire rapide. (Camille-Cerise Gessant et Aminata Niang)

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