Les ministres européens des Affaires étrangères devraient discuter, lors de leur réunion informelle à Tolède, le 31 août, de la situation au Niger, quelques semaines après le début du coup d’État, et notamment de possibles sanctions envers les responsables.
Le 12 août dernier, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a réitéré, dans une déclaration au nom de l’UE, la ferme condamnation du coup de force au Niger, « qui ne peut avoir que des répercussions négatives sur le bien-être et la sécurité de la population nigérienne ainsi que sur la stabilité régionale ». Il a également réitéré l’appel de l’UE au retour à l’ordre constitutionnel et son soutien au président Bazoum, appelant à sa libération immédiate et sans condition.
Le 14 août, M. Borrell a ainsi dénoncé la volonté de la junte d’accuser M. Bazoum de haute trahison, estimant qu'il s'agissait d'un « nouveau geste de provocation contre la démocratie au Niger, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et les partenaires du Niger ».
L’UE a en outre salué les décisions prises par les chefs d'État de la CEDEAO lors du second sommet extraordinaire consacré à la situation au Niger, le 10 août 2023, et notamment la volonté de continuer à rechercher une issue diplomatique à la crise en cours, tout en prenant note de la mobilisation de la Force en attente. « L'UE soutient pleinement les efforts déployés par la CEDEAO et se tient prête à les appuyer, y compris par la mise en place d’un nouveau régime de sanctions individuelles », a prévenu M. Borrell. Le 21 août, la CEDEAO a rejeté l’idée d’une transition de trois ans maximum lancée par la junte.
L'UE a expliqué qu’elle continuerait de fournir une aide humanitaire et de se tenir aux côtés de la population nigérienne, notamment dans son engagement en faveur des droits humains.
Début août, l’Union européenne avait participé, par le biais de son mécanisme de protection civile, au rapatriement des citoyens de l'UE depuis le Niger. Cinq avions français ont quitté Niamey pour Paris les premiers jours du mois pour rapatrier plus de 1 000 personnes de 50 pays. Le 2 août, la Commission avait annoncé que le mécanisme financerait 75% des coûts de transport. (Camille-Cerise Gessant)