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Bulletin Quotidien Europe N° 13238
ACTION EXTÉRIEURE / Niger

L'UE soutient pleinement l'ambassadeur de France que Paris maintient au Niger malgré l'ordre d'expulsion

Pas question pour la France de retirer du Niger son ambassadeur, Sylvain Itté, malgré l'ordre de départ qu'avaient donné à ce dernier les autorités nigériennes, vendredi 25 août, de quitter le pays dans les 48 heures. L'UE a tenu, mardi 29 août, à soutenir l'ambassadeur français à Niamey.

« La décision des putschistes d’expulser l’Ambassadeur de France est une nouvelle provocation qui ne peut aucunement aider à trouver une solution diplomatique à la crise actuelle. L’Union européenne exprime son plein soutien à l’Ambassadeur de France », a déclaré la porte-parole du Service européen pour l'action extérieure, Nabila Massrali, dans un communiqué publié lundi 28 août en fin d'après-midi.

Et de réitérer qu'après le coup d'État militaire du 26 juillet, qui a vu le général Abdourahamane Tchiani renverser le président élu, Mohamed Bazoum, toujours détenu par les putschistes dans son Palais présidentiel : « L’Union européenne ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas les autorités issues du putsch au Niger ».

Le ministère des Affaires étrangères nigérien, qui avait invité Sylvain Itté à un entretien, avait motivé sa demande d'expulsion par « le refus de l'ambassadeur français de répondre à l'invitation » « et d'autres agissements du gouvernement français contraires aux intérêts du Niger ».

Lundi 28 août au matin, alors que l'ultimatum avait expiré la veille au soir, le président français, Emmanuel Macron, s'exprimant à l'Élysée devant le corps diplomatique français, a confirmé que l'ambassadeur Itté était toujours en poste à Niamey et que la France refusait de reconnaître « des autorités illégitimes ».

Selon lui, « la politique que nous menons est la bonne. Elle repose sur le courage du président Bazoum, sur l'engagement de nos diplomates, de notre ambassadeur sur le terrain, qui restent légitimes, malgré les pressions et malgré toutes les déclarations d'autorités, grâce à l'engagement de nos forces de sécurité intérieure et de nos militaires ».

Et d'ajouter : « Notre politique est simple : on ne reconnaît pas les putschistes, on soutient un président qui n'a pas démissionné, aux côtés duquel nous restons engagés, et nous soutenons l'action diplomatique de la CEDEAO et militaire, quand elle le décidera, dans une approche de partenariat qui est celle que j'ai présentée en février dernier. Ni le paternalisme ni la faiblesse, parce que sinon, on n'est plus nulle part », a déclaré Emmanuel Macron.

Balayant d'un revers de la main les aspirations à la souveraineté exprimées par les putschistes et les manifestants qui les soutiennent, il a mis en garde contre la tentation de « céder à un narratif utilisé par les putschistes qui consisterait à dire : notre ennemi est devenu la France ».

La situation au Sahel, et en particulier au Niger, sera discutée par les ministres européens de la Défense, puis par ceux des Affaires étrangères, à Tolède (Espagne) ces 30 et 31 août, lors d'une réunion informelle présidée par le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell (voir autre nouvelle). (Aminata Niang)

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