Les ministres européens ont recherché, mardi 23 mai à Bruxelles, des lignes d'équilibre entre la poursuite d'une coopération internationale responsable en matière de recherche et d’innovation (R&I) ainsi que la préservation de la liberté académique, d’une part, et d’autre part la nécessité de protéger la recherche et l'innovation des États membres d'ingérences étrangères émanant d'États étrangers ou d'acteurs non étatiques.
Les ministres ont échangé de bonnes pratiques déjà mises en œuvre au niveau national et insisté sur le besoin, dans un contexte géopolitique tendu, de sensibiliser les acteurs de la communauté de la R&I aux menaces et risques existants ou potentiels.
Cependant, les participants ont reconnu qu'il n'existait pas d'instrument unique pour faire face à ce défi.
Le vice-président de la Commission européenne chargé des Relations interinstitutionnelles et de la Prospective, Maroš Šefčovič, a rappelé que certains outils existaient pour soutenir les efforts en la matière : l'Approche globale pour la R&I, adoptée en 2021 par la Commission ainsi que le Pacte pour la R&I en Europe (EUROPE 12765/9).
Pour Maroš Šefčovič, l'approche recherchée, à la fois ouverte et protectrice pour la coopération internationale en R&I, se reflète dans le programme-cadre Horizon Europe. Le commissaire européen a rappelé que le programme permettait pour la première fois la participation de pays tiers partageant les valeurs européennes et qu'Horizon Europe incluait également la possibilité de limiter la participation internationale, lorsque cela s’avérait dûment justifié, dans des secteurs sensibles de la R&I.
Par ailleurs, M. Šefčovič a souligné que la Commission avait développé une 'boîte à outils' (toolkit) à l’attention des institutions de recherche pour faire face à l’ingérence étrangère et initié un exercice d’apprentissage mutuel (mutual learning exercise).
De son côté, le ministre suédois de la Recherche et de l’Enseignement, Mats Persson, s'exprimant au nom de la Présidence suédoise du Conseil de l’Union européenne, a appelé lui aussi à une meilleure sensibilisation et à une meilleure préparation des parties prenantes face aux ingérences tout en préservant la liberté académique, l’intégrité et l’autonomie de la recherche.
Le ministre Persson a appelé l'Union européenne à développer des capacités pour contrer les interférences malveillantes tout en préservant ses valeurs et les droits fondamentaux.
Il estime également important pour l'UE d'établir un processus structurel afin d'identifier et de gérer les possibilités et les risques liés à la coopération internationale en R&I.
Dans cette perspective, le ministre a souhaité que cet échange de vues ministériel nourrisse des efforts ultérieurs concernant cette problématique. (Émilie Vanderhulst)