Lors de la deuxième édition du 'Forum ministériel de l’UE pour la coopération dans l’Indo-Pacifique', ce samedi 13 mai à Stockholm, les représentants des pays de l’UE et de 26 pays de la région indo-pacifique ont réaffirmé leur collaboration et ont appelé à ce que cette région ne devienne pas « un autre théâtre de rivalités ».
« Maintenant (un an après le début de la guerre en Ukraine), l'agression continue. Je pense que cela a créé une dynamique différente, même pour nos relations avec les pays de l'Indo-Pacifique et les organisations régionales », a déclaré le Haut Représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, lors du Forum. « Nos relations reflètent cette nouvelle réalité et peut-être le sentiment que le monde a besoin de plus de coopération pour faire face à cette situation difficile », a-t-il ajouté.
L’objectif de ce Forum pour l’UE était de nouer des partenariats économiques avec des pays de la région, laquelle génère aujourd’hui deux tiers de la croissance mondiale et 25% des exportations européennes, ainsi que d’y promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité.
« La guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine a montré clairement que, dans un monde globalisé, il n'y a pas de 'distances de sécurité' vis-à-vis des chocs perturbateurs », a indiqué le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) dans un communiqué.
Les participants ont également réaffirmé l’importance du respect des principes de la Charte des Nations Unies.
Tensions en mers de Chine
Lors de la conférence de presse de clôture, certaines questions de journalistes ont porté sur la Chine, qui n’était pas conviée à la réunion. Ce à quoi Josep Borrell a répondu qu’il était « impossible de ne pas compter sur la Chine, mais il existe des lieux où l'on peut discuter de nos intérêts communs sans devoir avoir la Chine parmi nous. Cela ne signifie pas que nous négligeons la Chine ni que nous voulons la remplacer ».
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également évoqué la relation entre l'UE et la Chine, lors d'une conférence de presse en amont du G7 (voir autre nouvelle), lundi 15 mai. « Nous recherchons une approche 'multifacette' de nos relations économiques avec la Chine. Elle se caractérise par le fait d'éviter les risques ('de-risking'), et non par le découplage (de nos relations) ».
Elle souligne également le fait de réduire les dépendances stratégiques de l'UE vis-à-vis de la Chine et suggère que les deux puissances économiques restent « solidaires en tant que partenaires sur les principaux défis de politique étrangère et de sécurité. Cela signifie que nous continuerons d'appeler la Chine à s'abstenir de soutenir la guerre de la Russie ».
Certains participants ont toutefois mis en garde contre les tentatives du pays de déstabiliser la situation en mer de Chine, comme l'a évoqué le ministre des Affaires étrangères japonais, Yoshimasa Hayashi : « La Chine est également en train d'intensifier ses activités militaires autour de Taïwan », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que « face à cet environnement difficile dans la région Indo-Pacifique, il est vital de travailler non seulement avec les pays de cette région, mais aussi avec les pays européens sensés, afin de maintenir un ordre international libre et ouvert, fondé sur l'État de droit ».
Les participants ont également fait état des progrès réalisés dans le cadre de la stratégie européenne dans l’Indo-Pacifique (‘EU’s Indo-Pacific Strategy’) et des partenariats noués entre l'UE et plusieurs pays de la région en matière de commerce, de transition verte, de gouvernance des océans, de numérique, de connectivité des transports, de sécurité et de défense, mais aussi d’aide humanitaire.
Enfin, l’UE a mis en avant son ambition d’établir une présence navale à l’échelle européenne dans la région indo-pacifique et a fait part de son intention de s'engager dans les fora régionaux, comme l'Indian Ocean Rim Association (IORA) ou les réunions des ministres de la Défense de l'ASEAN Plus. (Pauline Denys)