La commission des thons de l'océan indien (CTOI), qui s’est réunie du 8 mai au 12 mai à l’île Maurice pour son assemblée annuelle, n’a pas pris de décision concernant l’entrée en vigueur d’une pause de 72 jours dans l’utilisation des dispositifs de concentration du poisson (DCP).
La résolution de février avait été suspendue par les recours déposés notamment par la France et la Commission européenne.
« La résolution a été votée en février à l’encontre de l’avis de l’intégralité des États possédant des flottes de thoniers senneurs pêchant avec des DCP dérivants », a rappelé l’organisation Europêche. L’UE a présenté des mesures alternatives prévoyant notamment une fermeture basée sur avis scientifique, mais cette idée n’a pas été acceptée. Néanmoins, la proposition de la Corée du Sud de mettre en place un groupe de travail sur les DCP a été retenue afin d'évaluer d'éventuelles nouvelles mesures de gestion fondées sur des données scientifiques.
Parmi les bonnes nouvelles, la CTOI a adopté une résolution visant à limiter les captures de thon obèse.
D'autres propositions de l’UE ont cependant été refusées, dont celle concernant la réduction des captures de plusieurs espèces (un plan de gestion couvrant albacore, listao et thon obèse) et celle sur le mécanisme d’arraisonnement et d’inspection des navires en haute mer (un système rejeté par la Chine). La proposition des Maldives sur les requins, qui aurait notamment obligé le Japon à ne pas pratiquer la pêche aux ailerons de requins (finning), a aussi été rejetée par la CTOI.
Europêche regrette le manque de volonté de plusieurs États d’adopter des limites de captures pour l’albacore (yellowfin) et le listao (skipjack) à des niveaux permettant une exploitation durable des stocks. (Lionel Changeur)