Les députés de la commission du commerce international (INTA) du Parlement européen s'impatientent de pouvoir ratifier de nouveaux accords commerciaux. Un message qu'ils ont fait passer au commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, lundi 20 mars.
« Je ne suis toujours pas convaincu que nous travaillons à une procédure accélérée sur les accords commerciaux avec la Nouvelle-Zélande, le Chili et le Mexique », a regretté le président de la commission INTA, Bernd Lange (S&D, allemand). Le laps de temps est limité, selon lui, pour que le PE soit en mesure de ratifier, par exemple, l'accord UE/Nouvelle-Zélande avant la fin de la législature actuelle.
Plusieurs élus des groupes PPE et Renew Europe ont également interrogé le commissaire sur la possibilité d'accélérer davantage la procédure d'analyse juridique et de traduction des textes agréés, en cours depuis plusieurs mois.
« Nous sommes tout autant frustrés par la vitesse », a confié M. Dombrovskis, avant de promettre aux députés qu'il allait demander « une note de procédure » aux services compétents de la Commission. Celle-ci identifiera les goulets d'étranglement et les manières possibles d'accélérer les choses.
Mercosur
Les eurodéputés ont à nouveau interrogé le commissaire sur les discussions en cours relatives à la finalisation de l'accord UE/Mercosur.
M. Dombrovskis a expliqué la position des pays du Mercosur. « Je dirais que les critiques que nous recevons de leur côté concernent les instruments que l'UE met en place comme le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, la directive sur le devoir de vigilance, le règlement contre le travail forcé ou celui contre la déforestation importée. Ils considèrent que ceux-ci restreignent leur accès au marché européen », a noté le vice-président exécutif de la Commission. Et d'ajouter: « Nous travaillons actuellement avec eux, à travers différents partenariats existants, comme le Global Gateway pour les soutenir financièrement dans la mise en œuvre ».
Inde
Reinhard Bütikofer (Verts/ALE, allemand) s'est inquiété des discussions en cours avec New Delhi en vue d'un accord global : « Je peine à imaginer que nous puissions arriver à un accord global dans les cinq prochaines années. Est-ce-que la Commission européenne réfléchit à redéfinir les objectifs, afin de rendre un accord possible ? »
Les Indiens plaident, en effet, plutôt pour des accords sectoriels avec l'UE. « Cela signifie faire une croix sur les chapitres de développement durable, sur les marchés publics, les indications géographiques et d'autres éléments. Est-ce-que c'est ce vers quoi nous souhaitons aller? Pour l'instant, nous n'avons même pas osé poser cette question aux États membres ou au PE, mais peut-être que nous devons y réfléchir », a considéré M. Dombrovskis.
Pour l'heure, l'UE et l'Inde en sont à leur quatrième série de négociations, et de fortes différences subsistent entre les deux camps. « Un engagement accru de l'Inde serait souhaitable pour conclure à une échéance raisonnable », selon le commissaire européen. (Léa Marchal)