Les autorités européennes chargées de superviser et de réguler le secteur bancaire européen - le Conseil de supervision unique (SSM) au sein de la BCE, l'Autorité bancaire européenne et le Conseil de résolution unique (SRB) - ont accueilli favorablement, lundi 20 mars, la décision des autorités suisses de provoquer le mariage forcé entre les deux principales banques helvétiques, UBS et Crédit Suisse, afin d'éviter la contagion financière.
Les trois régulateurs rappellent également qu'à la suite de la crise financière de 2008, les normes prudentielles bancaires ont été renforcées dans l'Union européenne en introduisant notamment une hiérarchie dans les acteurs financiers qui seraient affectés en cas de résolution d'un grand groupe européen.
« En particulier, les fonds propres de base sont les premiers à absorber les pertes et ce n'est qu'après leur utilisation complète qu'il serait nécessaire de déprécier les fonds propres additionnels de catégorie 1 » ('Additional Tier 1' ou AT1), ont-ils souligné, notant que ces titres AT1 constituent « un élément important » de la structure capitalistique des banques européennes. Ils ont assuré qu'une telle approche a été appliquée « de manière cohérente » depuis et « continuera à guider les actions du Conseil SRB et de la supervision bancaire de la BCE dans les interventions de crise ».
Dans cette restructuration du paysage bancaire suisse, de nombreux détenteurs de ces titres AT1 risqués émis par Crédit Suisse sont directement touchés par la décision des autorités de les mettre à contribution pour un montant total estimé de 17 milliards de dollars.
Dimanche, la BCE, la Banque du Canada, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, la Réserve fédérale américaine et la Banque de Suisse ont annoncé un renforcement préventif de leur dispositif d'échange réciproque de dollars américains ('swap line') pour éviter un assèchement en liquidités qui contribuerait à accentuer les turbulences financières. Depuis lundi et jusqu'à au moins fin avril, la fréquence de ces opérations est désormais quotidienne, contre une fois par semaine auparavant. (Mathieu Bion)