Les ministres européens de l'Énergie aborderont la réforme à venir du marché européen de l'électricité et s'interrogeront sur l'évolution de la politique énergétique de l'Union européenne afin de renforcer la compétitivité économique européenne, lors de leur réunion informelle des lundi 27 et mardi 28 février à Stockholm.
Lundi matin, lors d'une première session de travail, la Présidence suédoise du Conseil de l'UE interrogera les ministres sur les problèmes à long terme du marché européen de l'électricité et leur demandera de prioriser les mesures - que la Commission a identifiées dans sa consultation spécifique (EUROPE 13105/10) - les plus à même d'avoir un impact sur la facture énergétique l'hiver prochain et d'accélérer les investissements dans la décarbonation de l'économie.
Compte tenu des différences dans les mix énergétiques nationaux, l'objectif est de « bâtir une meilleure compréhension » entre les ministres des problèmes de chaque État membre avant le démarrage des négociations sur la réforme du marché de l'électricité, a indiqué une source diplomatique mercredi 22 février. Selon elle, la Commission, qui analyse encore les réponses à la consultation, ne devrait pas dévoiler ses intentions à ce stade, alors que sa proposition de réforme est attendue mardi 14 mars.
« Des débats sur la manière d'améliorer la conception du marché de l'électricité sont en cours dans tous les États membres, mais le diagnostic a souvent été différent en raison de la diversité des mix énergétiques nationaux, des flux commerciaux, des instruments financiers et des ressources économiques de chaque pays. L'objectif de cette discussion est de trouver une compréhension commune des différents défis et priorités pour préparer l'hiver prochain et au-delà », indique un document préparatoire des autorités suédoises.
Gaz. Lors de cette première session, les ministres feront aussi le point sur les mesures déjà prises au niveau européen et ayant permis de lutter contre la flambée des prix du gaz, de diversifier les sources d'approvisionnement pour réduire la dépendance de l'UE vis-à-vis du gaz russe et d'accélérer la transition climatique.
Alors que les réserves en gaz pour cet hiver demeurent élevées, il sera question de possibles nouvelles mesures destinées à préserver la sécurité des approvisionnements de l'UE, « surtout en vue de l'hiver prochain », a dit cette source.
Mercredi, à Bruxelles, le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, a estimé que l'hiver 2023-24 pourrait être plus difficile que l'hiver actuel en raison du tarissement des approvisionnements en gaz russe et de la probable concurrence accrue de la Chine (EUROPE 13127/11).
« Sécuriser l'approvisionnement en vue de l'hiver prochain sera plus difficile qu'en 2022. Avec des températures hivernales normales et un retour à un niveau normal de la demande chinoise de gaz naturel liquéfié, nous pourrions être confrontés à un déficit proche de 60 milliards de m3. Et ce, sans tenir compte des risques de nouvelles ruptures d'approvisionnement ou de sabotage des infrastructures gazières », prédit en effet la Présidence suédoise.
Énergie et compétitivité. Mardi matin, les ministres s'interrogeront sur l'évolution de la politique énergétique de l'UE afin d'accélérer la décarbonation de l'économie en investissant massivement dans l'industrie 'zéro émission nette' tout en préservant, voire en renforçant la compétitivité des entreprises européennes.
Nous voulons que les États membres réfléchissent à long terme au-delà du paquet législatif 'Fit for 55', a indiqué une deuxième source diplomatique.
Dans son document préparatoire, la Présidence suédoise relève que, dans le domaine énergétique, la balance commerciale de l'UE est restée positive dans certaines technologies propres, comme l'éolien, tandis que le déficit commercial s'est accru sur les marchés des pompes à chaleur, des panneaux solaires et des biocarburants en raison de la forte hausse des prix des matériaux, d'un manque de main-d'œuvre qualifiée et des politiques industrielles d'autres régions du monde telles que la loi américaine Inflation Reduction Act (IRA).
Mercredi, M. Birol a indiqué que les coûts énergétiques dans l'UE, bien que les prix du gaz soient retombés à des niveaux inférieurs à ceux d'avant l'agression militaire russe de l'Ukraine, sont actuellement sept fois supérieurs à ceux pratiqués aux États-Unis et trois fois supérieurs à ceux pratiqués en Chine.
Les autorités suédoises soulignent aussi l'importance de réduire la charge administrative, qui pèse davantage sur les PME que sur les grandes entreprises.
À noter que la Présidence suédoise réunira en parallèle les ministres européens des Transports, une session de travail conjointe étant prévue lundi après-midi (voir autre nouvelle).
Voir le document de la Présidence suédoise : https://aeur.eu/f/5hx (Mathieu Bion)