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Bulletin Quotidien Europe N° 13127
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

En 2022, l'UE est parvenue à déplacer des montagnes, selon l'Agence internationale de l'énergie

Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, a estimé, mercredi 22 février, que l'Union européenne, en accélérant la diversification de son approvisionnement énergétique et la transition énergétique, était parvenue, depuis le début de l'agression militaire russe de l'Ukraine il y a un an, à « déplacer des montagnes » dans un secteur d'activité traditionnellement lent à faire évoluer.

M. Birol, qui participait à une conférence de restitution d'un projet aidant 17 États membres à réduire leur dépendance vis-à-vis des hydrocarbures russes (EUROPE 12927/6), a listé plusieurs chiffres pour illustrer son propos. Sur la période considérée, les revenus gaziers et pétroliers russes ont baissé de 38% et la part du gaz russe dans le mix énergétique de l'UE a diminué de 40% à moins de 10%. Dans le même temps, la production d'énergie solaire et éolienne a augmenté de 41%, celle des pompes à chaleur de 40% et les ventes de voitures électriques ont progressé de 15%, ces facteurs contribuant à une réduction des émissions de CO2 de 2,5%.

Au nom des services à l'Énergie de la Commission européenne, Ditte Juul Jørgensen a indiqué qu'en 2023, la production d'énergie renouvelable augmenterait de 69 gigawatts soit l'équivalent de 13 milliards de m3 (cbm) de gaz.

Mardi, l'Office statistique de l'UE (Eurostat) avait indiqué que la consommation de gaz dans l'UE entre août 2022 et janvier 2023 avait diminué de 19,3% par rapport à la consommation moyenne observée sur la même période entre 2017 et 2022. Ce résultat est supérieur à l'objectif de 15% inscrit dans le droit de l'UE (EUROPE 13000/1).

Avertissement. M. Birol a toutefois mis en garde les participants contre un excès de confiance : l'hiver 2023-24 pourrait être encore plus difficile pour l'UE.

Selon lui, pour trois raisons : - le flux de 30 cbm de gaz russe que l'UE reçoit encore pourrait très bien se tarir ; - l'apport supplémentaire annuel de gaz GNL sera très faible en 2023 ; - après les difficultés économiques et sanitaires de 2022, la Chine pourrait reprendre sa place de premier importateur mondial de gaz GNL.

« Il est donc temps de penser d'ores et déjà à l'hiver prochain », a souligné M. Birol.

Le directeur exécutif de l'AIE a évoqué les coûts énergétiques élevés auxquels l'UE fait encore face bien que les prix du gaz soient retombés à des niveaux inférieurs à l'agression militaire russe. Ces coûts sont sept fois supérieurs à ceux pratiqués aux États-Unis et trois fois supérieurs à ceux pratiqués en Chine, a-t-il noté. Il a donc plaidé pour l'élaboration d'une stratégie spécifique pour renforcer la compétitivité de l'industrie européenne face à la concurrence, alors que la Chine produit déjà 75% des batteries électriques et plus de 80% des panneaux solaires dans le monde.

Le projet financé par l'Instrument européen d'appui technique aux réformes a permis de mettre en place des « solutions techniques et administratives » pour réduire la dépendance de l'UE vis-à-vis des hydrocarbures russes, a indiqué Mario Nava, directeur général des services au Soutien aux réformes structurelles de la Commission. Six pays ont ainsi pu mettre en place des systèmes administratifs numérisés pour accélérer l'octroi de permis pour la production d'énergie renouvelable. (Mathieu Bion)

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