À Ankara, le commissaire européen au Voisinage et à l'Élargissement, Olivér Várhelyi, et le ministre suédois de la Coopération et du Commerce, Johan Forssell, se sont entretenus, mercredi 22 février, avec les autorités turques des besoins du pays, dévasté par les tremblements de terre, pour préparer la conférence internationale des donateurs du 16 mars à Bruxelles, coorganisée en faveur des populations victimes en Turquie et en Syrie (EUROPE 13126/14).
Ils ont rencontré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, et plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des Finances et celui de l'Industrie et des Technologies - une occasion de réitérer la solidarité de l'UE et sa détermination à contribuer aux efforts de reconstruction à court et long terme, au-delà de l'aide humanitaire urgente qui se poursuit (EUROPE 13124/10).
« Nous sommes ici pour aider, parce que nous nous soucions de vous, parce que nous sommes amis et parce que nous sommes alliés », a déclaré M. Várhelyi à la presse turque, assurant que, pour la Commission, « la solidarité avec la Turquie est capitale ». Face à l'ampleur des besoins, dont il n'a encore que des estimations, le commissaire a souligné que l'aide déjà fournie par le mécanisme de protection civile de l'Union et les 5,5 millions d'euros de financement humanitaire pour les besoins immédiats les plus urgents n'étaient qu'une première étape.
« Nous devons faire infiniment plus. Notre assistance vous accompagnera jusqu'au bout », a-t-il assuré, soulignant qu'au vu de « la gigantesque opération de reconstruction » qui sera nécessaire, la conférence des donateurs visait à lever des fonds de la communauté internationale pour le long terme. Il a insisté à cet égard sur l'importance que la reconstruction précoce puisse débuter le plus rapidement possible sur le terrain.
« La Commission est prête à construire de nouvelles maisons, de nouvelles écoles, de nouvelles crèches pour que la vie puisse reprendre son cours normal », a souligné le commissaire.
À un journaliste turc qui lui demandait si cette solidarité aura des effets positifs sur les relations entre l'UE et la Turquie, Olivér Várhelyi a répondu : « la Turquie est un ami et un allié. Si cela débouche sur un partenariat renforcé avec la Turquie, tant mieux ».
« Soutenir la Turquie et le peuple de Syrie après les tremblements de terre est une priorité absolue » de la Présidence suédoise du Conseil, a renchéri Johan Forssell. Il a insisté sur « les liens étroits entre la Suède et la Turquie, humainement, économiquement et politiquement, comme de nombreux pays européens ». Selon lui, il y a un énorme potentiel à exploiter en termes de reconstruction, d'investissements et de commerce pour les entreprises qui ont manifesté un grand intérêt à aider la Turquie immédiatement, au lendemain du séisme du 6 février.
Mevlüt Çavuşoğlu a remercié l'UE et la communauté internationale pour leur soutien jusqu'ici et pour le soutien supplémentaire à venir. Il a souligné qu'« en tant que pays candidat à l'adhésion à l'UE, la Turquie est en mesure de bénéficier de la solidarité de l'UE et de l'IPCR » (Integrated Political Crisis Response, ou groupe politique de gestion de crise du Conseil de l'UE). Les fonds à venir permettront de financer l'assistance pour les victimes du tremblement de terre et pour les infrastructures à réparer, a précisé le ministre.
« L'une des choses sur lesquelles nous nous sommes entendus est qu'une telle coopération et une telle assistance devraient être durables, suffisantes et flexibles, parce que nous aurons besoin de reconstruire de nombreuses villes », a déclaré M. Çavuşoğlu, citant notamment Antakya et certains districts de Hatay et de Gaziantep. Dans l'immédiat, les besoins en tentes ne sont pas encore totalement couverts, mais de tels abris ne sont qu'une solution de dépannage, a-t-il souligné. (Aminata Niang)