La cheffe de file de l’opposition démocratique biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, a appelé, mercredi 22 février, à garder son pays « à l’ordre du jour » des Européens.
« Parfois, il semblerait que la Biélorussie est un problème comme un autre, qu’il faut d’abord aider l’Ukraine, puis gérer la Biélorussie. C’est un mauvais choix, un risque que l’on continue la tyrannie. Nous ne pouvons pas faire de la Biélorussie le prix de consolation de Poutine », a-t-elle expliqué lors d’un débat au Comité économique et social européen (CESE).
Selon Mme Tikhanovskaïa, il y a un « lien direct entre la liberté de la Biélorussie et de l’Ukraine. Elles se battent contre le même mal, l’impérialisme et la tyrannie de la Russie ».
Mme Tikhanovskaïa a appelé les membres du CESE à exprimer leur solidarité avec les prisonniers politiques, les syndicalistes et les militants des droits de l’homme emprisonnés dans son pays. « Malgré toutes ses tentatives, le régime biélorusse ne parviendra pas à abolir notre résistance », a promis l’opposante politique, ajoutant que les Biélorusses avaient besoin de l’aide des Européens « pour remporter la bataille », que ce soit en termes de campagne d’information pour lutter contre la propagande, d’aide aux jeunes, d’établissement de coopération avec l’opposition démocratique ou de sanctions supplémentaires.
« Le régime a permis de faciliter la guerre en Ukraine, les sanctions ne peuvent en aucun cas faire objet de faille », a-t-elle expliqué, proposant d’établir un groupe de travail pour vérifier la mise en œuvre des sanctions en vertu de ce que disent les journalistes d’investigation.
L’opposante politique a aussi souhaité que la population de son pays puisse bénéficier du Partenariat oriental. « La Biélorussie devrait pouvoir poursuivre et développer sa participation. C’est un élément essentiel pour aider notre peuple », a estimé Mme Tikhanovskaïa, expliquant que cela pourrait aider le pays à se préparer à une transition démocratique, aux réformes nécessaires.
Elle a appelé le CESE à formaliser son lien avec la société civile et l’opposition démocratique biélorusse, comme l’a déjà fait le Conseil de l'Europe. (Camille-Cerise Gessant)