Environ 8 000 substances chimiques de synthèse sont utilisées dans le processus de fabrication des vêtements et autres produits textiles, selon une étude menée par la chercheuse Audrey Millet. Lundi 30 janvier, la députée européenne Saskia Bricmont a présenté les résultats de cette étude et ses recommandations qui touchent au commerce international.
Le rapport d'une cinquantaine de pages analyse les substances toxiques, cancérigènes et mutagènes utilisées dans le secteur de l'habillement et du textile, et qui menacent les travailleurs, les consommateurs et l'environnement. Après avoir dressé un état des lieux, l'autrice y recommande : - des changements dans le règlement européen REACH sur les substances chimiques ; - de mieux informer les consommateurs à travers l'étiquetage ; - d'adapter la politique commerciale de l'UE.
Le système de préférences généralisées (SPG) (EUROPE 13088/18) est un levier pour encourager les pays producteurs à adopter des règles plus ambitieuses, tout comme les accords de libre-échange en cours de négociation, avec l'Inde ou l'Indonésie par exemple, estime Audrey Millet.
L'UE devrait aussi se doter de clauses miroirs pour assurer la réciprocité des standards sanitaires et environnementaux sur les produits importés, estiment Mme Millet et Mme Bricmont.
De telles mesures seraient conformes aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans la mesure où elles répondraient à des inquiétudes de dimension mondiale, souligne Mme Millet.
Ceci étant dit, les règles actuelles de l'OMC ne sont pas à même d'atteindre les objectifs de développement durable, de l'avis de la conseillère politique du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Léa Auffret.
Voir l'étude : https://aeur.eu/f/54r (Léa Marchal)