Les pratiques de manipulation du consommateur sont monnaie courante sur de nombreux sites en ligne de commerce de détail - des textiles aux produits électroniques -, selon les résultats d'une enquête publiés lundi 30 janvier par la Commission européenne, dans le cadre d'une opération coordonnée de balayage (sweep) des sites web menée par le réseau des autorités nationales de protection des consommateurs (CPC) et la Commission.
Le balayage des sites en ligne était ciblé sur trois pratiques manipulatrices, dont on constate souvent qu'elles poussent les consommateurs à faire des choix qui pourraient ne pas être dans leur intérêt - ce que l'on appelle les « interfaces truquées ».
Sur 399 boutiques de vente en ligne passées au crible, 148 contenaient au moins l'une de ces trois interfaces truquées.
Ainsi, 2 sites web utilisaient de faux comptes à rebours avec des dates limites d'achat de produits spécifiques ;
54 orientaient les consommateurs vers certains choix - abonnements, produits ou options de livraison plus chers - soit par leur conception visuelle, soit par le choix du langage ;
70 boutiques en ligne cachaient des informations importantes ou les rendaient moins visibles pour les consommateurs, qu'il s'agisse, par exemple, d'informations sur les frais de livraison, sur la composition des produits ou sur la disponibilité d'une option moins chère. 23 de ces sites web cachaient des informations dans le but de manipuler les consommateurs pour qu'ils souscrivent à un abonnement.
Le balayage a également porté sur les applications de 102 des sites web examinés. Il révèle que 27 d'entre eux déployaient également au moins une des trois interfaces truquées.
Les autorités nationales vont maintenant contacter les opérateurs concernés pour les inviter à mettre leur site web en conformité. Le cas échéant, elles prendront des mesures supplémentaires, conformément à leurs procédures nationales.
En outre, la Commission contactera également les commerçants en ligne identifiés dans une étude de 2022 sur les pratiques commerciales déloyales dans l'environnement numérique pour leur demander de remédier aux problèmes identifiés dans ce balayage. (Aminata Niang)