Une simplification du cadre réglementaire et des avancées en matière d'union bancaire et d'union des marchés de capitaux permettraient aux banques européennes d'augmenter de « près d'un tiers » leur capacité de prêts à l'économie, soit 4 à 4 500 milliards d'euros supplémentaires, a estimé la Fédération bancaire européenne, s'appuyant sur une étude commanditée au cabinet Oliver Wyman et publiée vendredi 27 janvier.
Cette étude compare notamment le coût pour les banques de la mise en conformité réglementaire aux États-Unis et dans l'Union européenne. Elle constate que l'approche européenne pour déterminer les exigences au capital, en étant « plus complexe » et en accordant « plus de latitude » aux superviseurs, oblige les banques européennes à détenir plus de fonds propres que leurs concurrentes américaines (10,6% de capital CET1 dans l'UE contre 9,9% aux États-Unis). Et les exigences à venir liées à l'application de l'accord 'Bâle III' et à la prise en compte du risque climatique devraient « pénaliser » davantage les banques européennes, ajoutent les auteurs de l'étude.
Ils notent que des « obstacles structurels », tels que l'interdiction de transferts de liquidités intragroupe, limitent la consolidation du secteur dans la zone euro. Résultat : contrairement aux banques européennes, les banques américaines ont retrouvé leur profitabilité d'avant-crise.
Le cabinet Oliver Wyman recommande notamment de stimuler le marché européen de la titrisation, « 17 fois plus petit » que le marché américain. « Une titrisation bien conçue constituera pour les banques un outil efficace pour libérer leur bilan et leur capital, permettant ainsi de transférer le risque aux investisseurs », estime-t-il.
Combinée à l'opacité sur la détention des produits titrisés, cette technique financière avait contribué à la diffusion mondiale de la crise américaine des crédits hypothécaires à risque.
Mardi, lors du vote sur la finalisation de l'introduction dans l'UE de l'accord 'Bâle III' (EUROPE 13106/19), la commission compétente du Parlement européen a approuvé un amendement de Gilles Boyer (Renew Europe, français) réduisant les exigences en capital pour tout type de titrisation.
D'après l'étude, les autorités de surveillance devraient aussi mettre davantage l'accent sur la rationalisation et l'efficacité des processus clés (tels que la surveillance prudentielle SREP ou les tests de résistance) et être plus vigilantes à l'égard des violations des règles du jeu.
Voir l'étude commanditée par la FBE : https://aeur.eu/f/545 (Mathieu Bion)